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Autant en emporte le vent : Manifeste venteux contre les identit茅s castratrices

By   /   12 novembre 2012  /   No Comments

Pr. Mohamed ENNAJI

Par le Professeur Mohamed ENNAJI

Les Sages disent que l鈥檋omme est fait de quatre 茅l茅ments fondamentaux : la poussi猫re, l鈥檈au, l鈥檃ir et le feu. La poussi猫re est mati猫re solide et stable, l鈥檈au quant 脿 elle, donne de la contenance, le feu est facteur de m没rissement et de synth猫se. Le vent, objet de mon propos, procure l鈥檃utonomie. Il permet aux 锚tres de tenir debout. Ne serais-je debout, c鈥檈st-脿-dire homme, que du fait du vent ?

Le feu, 茅tincelant de mille lumi猫res, 茅claire, r茅chauffe et fascine. C鈥檈st un personnage dont il convient de se m茅fier. Il r茅chauffe et br没le. C鈥檈st du feu que Dieu a cr茅茅 Satan. Le feu c鈥檈st Ibliss, c鈥檈st du moins sa mati猫re. C鈥檈st l鈥檌nconstance et la tra卯trise, c鈥檈st la fronde, la rupture, la n茅gation de l鈥檌dentit茅 premi猫re, du fondement des choses. C鈥檈st Dieu qui s鈥檈n prend 脿 lui-m锚me, c鈥檈st son autre qui le remet en question. Le vent, 脿 vrai dire, ne manque pas de complicit茅s avec le feu. On dit, chez les anciens que c鈥檈st le choc violent du vent puissant avec les nuages qui produit l鈥櫭ヽlair et le feu. Mais ce ne sont l脿 qu鈥檌ncidents de parcours.

La terre est l鈥櫭﹍茅ment stable. Elle est notre mati猫re premi猫re 脿 tous. C鈥檈st d鈥檃rgile que Dieu nous a confectionn茅s. La terre est un point d鈥檃ppui, un point d鈥檃ncrage, une s茅curit茅. C鈥檈st b茅n茅diction pour le pouvoir que des populations s茅dentaires riv茅es 脿 leur sol, source de richesse et de puissance. La terre c鈥檈st l鈥檈nracinement. C鈥檈st aussi l鈥檈ngourdissement, l鈥檈sprit de clocher et le chauvinisme. Par ailleurs que le vent s鈥檃rr锚te et la terre s鈥檈n va mourir.

Le vent est en effet un des piliers de la puissance divine et de sa manifestation. Il est d鈥檈ntre eux le primus inter pares. Doux ou d茅vastateur le vent donne la vie ou la reprend. B茅ni de Dieu, Salomon a us茅 du privil猫ge du vent.

Puissant, le vent est 脿 l鈥檕ccasion impertinent et impudent. Le calife Omar rapporte 脿 propos de Mo茂se qu鈥檜ne jeune fille marcha devant lui et le vent la d茅couvrit et Mo茂se dit : je suis de la race d鈥橝braham, sur lui le salut, alors marche derri猫re moi afin que le vent ne soul猫ve pas tes v锚tements et que je ne voie pas ce que je ne dois pas voir. Eternel recommencement que l鈥檋istoire des hommes hant茅e par le p茅ch茅 originel. Le vent s猫me ainsi la graine de la s茅dition. On sait ce que la tentation a co没t茅 脿 Adam. Le vent d茅voile et introduit le trouble dans les 芒mes des proph猫tes, c鈥檈st-脿-dire dans les 芒mes les mieux tremp茅es.

Il met 脿 nu et d茅range. Il est le miroir indiscret qui d茅couvre les faiblesses, met en face de la v茅rit茅, de la 鈥榓wra. Avec lui le masque de rigueur est avec lui aboli. Aussi on lui pr锚te, en raison de l鈥檃gitation qui le caract茅rise, de la vanit茅, de l鈥檌nstabilit茅 et de l鈥檌nconstance. Il n鈥檃git pas cependant aveugl茅ment, le pr茅pos茅 aux vents le conduit avec sagesse. N鈥檈st-ce pas que le proph猫te Houd au moment m锚me o霉 une terrible temp锚te d茅truisait son peuple r茅calcitrant 鈥樏俤, ne sentait pour sa part qu鈥檜ne douce brise le chatouiller.

On ne peut manquer de penser que le vent, le souffle premier, le souffle divin, c鈥檈st non seulement l鈥檋omme tout court, mais le Christ, c鈥檈st-脿-dire l鈥檌ntrusion dans l鈥檈space interdit, dans une proximit茅 in茅dite au titre de fils de Dieu. Mais au vrai il n鈥檡 a l脿 rien qui puisse porter ombrage au Tout-Puissant. Une plus 茅troite proximit茅 n鈥檈st rien d鈥檃utre qu鈥檜ne soumission plus grande.

L鈥檃gitation du vent, cette apparente l茅g猫ret茅, cette d茅sinvolture dont il fait apparat, cette humeur frondeuse qui le fait de temps 脿 autre soupirer ou gronder 脿 voix haute ne sont pas signes de d茅dain. Elles rel猫vent d鈥檜ne geste de l鈥檈sth茅tique. L鈥檈sth茅tique du vent.
C鈥檈st peut-锚tre pour cette raison qu鈥橢ssaouira attire tant de cr茅ateurs et d鈥櫭ヽrivains. En raison du vent, germe de dissidence cr茅atrice, de d茅rive initiatique. Ville de rencontre de l鈥檈au dans son 茅l茅ment grandiose, l鈥檕c茅an, et des pr茅misses du d茅sert qui s鈥檃nnonce par fragments dans les dunes, elle est un lieu privil茅gi茅 d鈥檕uverture avec les aliz茅s, un promontoire id茅al pour l鈥橝m茅rique.

Etrange situation et fragile que celle-ci. Le vent aux expressions multiples (communication, sourde r茅volte, d茅cha卯nement) n鈥檡 est pas 茅tranger. Mogador balance de son fait, elle est dans l鈥檈ntre deux. Au centre d鈥檜ne r茅gion charni猫re, elle fait le joint entre deux espaces politiquement oppos茅s. Le Souss extr锚me (al-Aqs芒), lieu de fronde (siba) et le Haouz o霉 les grands ca茂ds ont solidement implant茅 leur pouvoir.

Mais qu鈥檈st-ce que le vent chez les Arabes et 脿 quoi r茅f猫re-t-il ? Qu鈥檈st le al-Rih ? C鈥檈st au pluriel qu鈥檌l faut le lire pour lui faire dire ses secrets cach茅s. al-Rih au pluriel donne al-Arouw芒h et aussi al-Ariw芒h. al-Arouw芒h est, notons-le, le pluriel de al-Rouh, l鈥櫭e. En fait le w芒鈥 de al-Rih est un waouw 脿 l鈥檕rigine qui serait l脿 s鈥檌l y avait la fatha, ce qui donnerait al-Raouh qui existe par ailleurs et d茅signe le souffle l茅ger du vent, la mis茅ricorde divine. al-Rih est le symbole de la puissance, il d茅signe le pouvoir, la victoire. Il est l鈥櫭﹍茅ment terrible et craint. Parler du vent au singulier, du al-Rih, est de mauvais augure. On recourt au pluriel par contre pour nommer les vents utiles. Ce sont eux qui se manifestent le plus souvent 脿 l鈥檌nverse de la temp锚te intervient de temps 脿 autre quand Dieu exc茅d茅 laisse libre cours 脿 sa col猫re. Sans dire que le Rih, le Pouvoir est un et indivisible.

On pr锚te au proph猫te ce classement : les vents sont au nombre de huit, (Rappelons-nous les quatre vents de l鈥橝ntiquit茅 et du moyen-芒ge, la Tour des vents d鈥橝th猫nes comportait huit faces, les huit vents de la chine). Quatre rel猫vent de la tourmente : al-鈥樏if, le vent violent et chaud ; al-sarsar, le vent froid et violent ; al-鈥楢q卯m, le vent terrible, affreux et n茅faste, porteur de destruction et qui ne f茅conde gu猫re) ; le semoum, vent pestilentiel qui souffle surtout de nuit. Les quatre autres rel猫vent la mis茅ricorde : al-n芒chirate, vents qui dispersent, vents li茅s 脿 la vie, 脿 la r茅animation des terres mortes, 脿 la f茅condit茅, vents enchanteurs ; al-m没bachir芒te, vents annonciateurs de la pluie ; al-m没rsal芒te, envoy茅es qui comme les anges portent la bonne nouvelle et enfin al-d芒riy芒te, qui dispersent, 茅parpillent, diss茅minent et s猫ment ainsi la vie. Le vent et les mots de m锚me racine balancent ainsi entre la douceur et la col猫re, la vie et la mort, la cr茅ation et l鈥檃nnihilation. Le vent r茅sume Dieu.
Al-Raouh est mis茅ricorde et al-Rouah est d茅part. al-Rouah est la fin du jour, le soir tout court. Il 茅voque une s茅paration, celle de la jeune mari茅e quittant le domicile parental pour rejoindre le foyer conjugal. Il accompagne le geste d鈥檃dieu que la main d茅ploie comme pour prendre appui sur le vent. Il 茅voque aussi le retour 脿 venir d鈥檜n partant. Il est ainsi un va-et-vient. Il est plein de nostalgies, de r茅miniscences auxquelles on se laisse aller en pensant 脿 l鈥檃bsent. Mais il est aussi rupture et renoncement 脿 l鈥檃ncien dont on ne garde que vestiges.

Le vent est donc un 茅ternel recommencement. Avec lui nous sommes bien aux origines, au point de d茅part o霉 le mal n鈥檃 pas encore acquis sa contenance propre, n鈥檈st pas toutes voiles dehors. Le vent r茅clame son d没, son essence, il est 脿 la qu锚te de la puret茅 d鈥櫭猼re, du silence cr茅atif. Aussi son acharnement est mien. La brise amicale qui conforte comme la temp锚te aveugle qui brise et d茅truit me sont compr茅hensibles. Ils n鈥櫭﹑argnent et ne raffermissent que l鈥檈ssence.

Al-Rouh chez les Arabes d茅signe le souffle de la vie. Le vent est synonyme de souffle et en cons茅quence de l鈥檈sprit. Les m没rsal芒te, sont ainsi comme les anges des envoy茅es de Dieu. Le vent donne son nom 脿 l鈥橢sprit-saint. L鈥橢sprit de Dieu se mouvant sur les eaux primordiales est appel茅 un vent. Dans la symbolique hindoue, le vent est le souffle cosmique et le verbe interm茅diaire entre le Ciel et la Terre. Le souffle, al-nafkh, est ce qui donne la vie 脿 l鈥檋omme et qui leur reste un myst猫re. Dieu en a souffl茅 脿 Adam pour lui donner vie. Al-Rouh d茅signe aussi le message sacr茅 al-Wahy, le Coran est d茅sign茅 comme al-Rouh. Il nomme aussi ces cr茅atures sans mat茅rialit茅 que sont les anges, tel l鈥橝rchange Gabriel.

C鈥檈st alors la substance, le c艙ur de l鈥檋umain et du surhumain, ce que l鈥檋omme a en commun avec les 锚tres sup茅rieurs. Ce qui n鈥檃 plus de r茅f茅rence terrestre, nationale. C鈥檈st la racine premi猫re de tous, la cr茅ation balbutiante, le legs incorruptible que l鈥檋umanit茅 a en partage. C鈥檈st mon identit茅 sur laquelle il n鈥檡 a pas 脿 c茅der, la seule 脿 laquelle je me r茅f猫re, celle qui cultive les valeurs fondamentales de la vie et me rapproche des autres.

Le vent a l鈥檈xtraordinaire don de disperser l鈥檃ccessoire, les artifices, les supercheries, le clinquant. Il ne laisse prise qu鈥櫭 ce qui est solidement amarr茅. A ce qui ne tient qu鈥櫭 l鈥檌mmat茅riel, 脿 l鈥檈sprit. A ce qui m’est vital pour reconna卯tre ma voix parmi les miens, les vrais !
Car qui est mien ? Qui l鈥檈st parmi ceux qui m鈥檈ntourent ? Mon p猫re et ma m猫re ? Serai-je assez courageux pour dire tout ce qui, en ce moment pr茅cis, me tient d鈥檈ux 茅loign茅 ? Serai-je assez lucide pour ne pas rompre inconsid茅r茅ment toutes les amarres ? Ma religion ? Oserai-je, plus que pour mes parents encore, faire publiquement 茅talage, de mes myst茅rieuses faiblesses 脿 son 茅gard, mais aussi, sans hypocrisie de circonstance, de tant de mes r茅ticences et ressentiments ? Et me vient en m茅moire Abou T芒lib qui ne renonce pas 脿 ses croyances malgr茅 son attachement profond au Proph猫te ? Voil脿 des moments forts de rupture ?

Et pour ne pas me cantonner au cercle des proches qu鈥檕n ne choisit pas, ma question na茂ve prend toute son ampleur. Avec qui je partage la sacro-sainte identit茅 faite d鈥檜n bric-脿-brac ind茅finissable et qu鈥檕n ose 脿 peine remuer. Qu鈥檈st-ce que je partage avec le corrompu, avec le l芒che, avec le tortionnaire ? Qu鈥檈st- ce que je partage avec l鈥檌ndividu sans principe, sans 芒me, sans Rouh. Et je fais mien un aveu que Marguerite Yourcenar met sur les l猫vres de son Hadrien : 芦 Et c鈥檈st alors que je m鈥檃per莽us de l鈥檃vantage qu鈥檌l y a 脿 锚tre un homme nouveau, et un homme seul, fort peu mari茅, sans enfants, presque sans anc锚tres, Ulysse sans Ithaque qu鈥檌nt茅rieure. Il faut faire ici aveu que je n鈥檃i fait 脿 personne : je n鈥檃i jamais eu le sentiment d鈥檃ppartenir compl猫tement 脿 un lieu, pas m锚me 脿 mon Ath猫nes bien-aim茅e, pas m锚me 脿 Rome. Etranger partout, je ne me sentais particuli猫rement isol茅 nulle part. 禄

De l脿 toute ma reconnaissance au vent qui disperse, 茅parpille, permet les croisements. Les faux pr茅textes volent en lambeaux sous l鈥檃ction du vent. Et Autant il en emporte.

Je veux avec lui retrouver l鈥檈ssence, retrouver le beau. Voil脿 pourquoi ma pr茅dilection lui est acquise, lui qui dans les traditions cosmogoniques hindoues est n茅 de l鈥檈sprit et aurait engendr茅 la lumi猫re. Voil脿 mon identit茅 premi猫re, fondamentale et d茅finitive, sur laquelle il n鈥檡 a pas de retour, pas de n茅gociation, celle que malgr茅 tous les falbalas de circonstance le vent, toujours et partout, d茅voile et exhibe. Celle que j鈥檃i en commun avec mon fr猫re de tout bord avec qui je partage ce que l鈥檋umain a de plus beau, l鈥檃miti茅 que fonde la raison et l鈥檈sprit.

L鈥檃bsence d鈥檃nxi茅t茅 de mes origines que le vent me procure me fait acc茅der au repos bien m茅rit茅 de l鈥櫭e, 脿 une raha, repos paisible apr猫s la lassitude du labeur (Rah d茅signe le vin, n鈥檕ublions pas le vin dont se d茅lectent les 茅lus au paradis pour mieux go没ter le bonheur 茅ternel) ! Elle me situe au sein d鈥檜ne famille qui privil茅gie le m锚me principe : le principe esth茅tique. Mon rapport 脿 ma culture est d猫s lors d茅barrass茅 des fioritures et de l鈥檈ngagement de mauvais aloi. Nul pr茅texte n鈥檈st plus en mesure de me d茅tacher du fondement de ma cr茅ativit茅. Mon identit茅 de cr茅ateur c鈥檈st mon 茅criture en substance, c鈥檈st mon 茅criture intrins猫que qui n鈥檃 d鈥檃utre r茅f茅rent que sa propre beaut茅. Je suis d猫s lors dans l鈥檜niversel, dans le vent, libre des entraves qui faisaient obstacle 脿 mon mouvement. J鈥檃i aboli les fronti猫res offensant l鈥檈sprit. Gr芒ce au vent, gr芒ce 脿 ce souffle des divinit茅s qu鈥檈n tout lieu on reconna卯t.

Dans mon milieu ambiant je n鈥櫭ヽhappe pas aux pr茅occupations du moment. Le changement m鈥檕bs猫de et me travaille. Ma culture est habit茅e de changement, de r茅volte contre les pesanteurs, elle est de ce fait trop peu soucieuse d鈥檈lle-m锚me, de son int茅rieur propre et des exigences esth茅tiques qui sont, en dernier recours, les siennes. Embourb茅e dans les contingences, elle ne peut aller loin. Peu cr茅ative, trop peu m锚me 脿 vrai dire, elle n鈥檃 pas 脿 c艙ur l鈥檈ssentiel qui est bel et bien le beau. Elle reste muette sur son propre destin et sa propre finalit茅. Elle donne sa voix aux politiques, aux faiseurs de discours. Elle est une catin qui se pr锚te 脿 leurs joutes. Enfant fluette, 脿 peine balbutiante, elle se pla卯t 脿 crier de sa voix fluette les d茅sesp茅rances. Elle joue 脿 se donner des illusions d鈥檃dulte quand elle manque de s茅r茅nit茅 et de pl茅nitude, signes de sagesse. Elle n鈥檃 pas pleinement conscience des exigences de toute expression artistique et litt茅raire. Elle se suffit de diatribes parfois indigentes et revendicatives sur les mis猫res, pas toujours les vraies soit dit en passant.

Elle ne prend pas l鈥櫭ヽrit pour ce qu鈥檌l est : un miracle. 芦 L鈥櫭ヽrit nous dit Marguerite Duras 莽a arrive comme le vent, c鈥檈st nu, c鈥檈st de l鈥檈ncre…禄. C鈥檈st pr茅cis茅ment le souffle cr茅ateur qui prend l鈥檃uteur aux entrailles, qui le reprend comme au premier jour du monde. L鈥檈ncre ici c鈥檈st l鈥檃rgile, c鈥檈st ce rien, ce pr茅texte qui donne lieu 脿 la vie. Que 芦 l鈥檈ncre par elle-m锚me, en elle-m锚me fasse le prodige de cr茅er… 禄 note, 脿 l鈥檃ppui, Flaubert. L鈥櫭ヽriture qui me pr茅occupe ici est un acte de cr茅ation qui op猫re par le miracle. 芦Ce qui me semble beau, ce que je voudrais faire, 茅crit encore ce ma卯tre intraitable, c鈥檈st un livre sur rien, un livre sans attache ext茅rieure, qui se tiendrait de lui-m锚me par la force interne de son style, comme la terre sans 锚tre soutenue se tient en l鈥檃ir禄. Ecrivez sur ce que voulez, le mieux serait tout de m锚me d鈥櫭ヽrire sur rien et de bien 茅crire car 芦 le style 茅tant 脿 lui tout seul une mani猫re absolue de voir les choses 禄.

Mais cela demande une distance chez l鈥櫭ヽrivain, un d茅dain des contingences, une hauteur. Dans notre soci茅t茅 脿 peine sortie du cocon tribal, trop agit茅e encore par l鈥檌mm茅diat, cet 茅crivain individu, cet 茅crivain artiste qui donne libre cours 脿 sa folie, a encore bien des difficult茅s 脿 茅merger.

Le vent, dans les r锚ves, symbolise le changement et annonce un important 茅v茅nement. Puisse-t-il en 锚tre ainsi dans cette ville, dans l鈥檃ntre du vent.

Mohamed Ennaji

Essaouira le 6 octobre 1999

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