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Maghreb : quelles idées pourrions-nous nous faire à propos de sa réconciliation?

By   /   5 janvier 2013  /   No Comments

Abdelaziz IKKROU

Abdelaziz IKKROU

 

« DANS L’ATTENTE D’UNE MUTUALISATION DE L’ACTION ENTRE PAYS MAGHREBINS »

Par Abdelaziz IKKROU

       N’est-ce pas qu’au Maghreb certains dirigeants d’un passé pas lointain, se sentant excessivement soumis à leurs excès deUMA1 provoquer les tentions sans être obligés de rendre des comptes, n’ont fait que retarder les initiatives des invitations des peuples à en sortir par la déflexion de cette obstination. 

Certes cette attitude, auparavant distillée par des médias et autres relais occidentaux les soutenant, a échoué face au déferlement amazigho-arabe. D’autant plus qu’elle faisait partie des conséquences d’une période révolue, en l’occurrence la guerre froide. 

Désormais il n’y a aucune raison qui vaille de continuer à défaire cette grande ambition de démarrage du Maghreb en attestant de profondes difficultés relationnelles entre les états frères du Maghreb. Fatalement ce qui compte c’est d’être dans ce temps de renaissance du sens de l’histoire de la mémoire, et non se figer dans celui de méditation tout court. 

 Réduire cette attente à des actes mécaniquement de satisfaction pour les uns, et de recherche à combler les déficits d’intégration des nouvelles données printanières arabes sur le terrain pour les autres, ne réparerait pas définitivement les blessures réelles où même fantasmées existantes. Alors qu’au Maghreb les idées et les tendances qui l’unissent dépassent en nombre et en intensité celles qui le divisent.

UMA3Le Maghreb, cet espace de rêve pour les peuples! 

        Face donc à ce postulat, c’est sans aucun doute dans l’affaire du Sahara que l’on trouve comme auparavant plusUMA2 de références à l’attitude étrangement belliqueuse de l’Algérie vis-à-vis du Maroc. Parce que, Ahmed Ouyahya ex premier ministre de surcroît démissionnaire de la chefferie de son parti, continue avec d’autres caciques du pouvoir de la proclamer cité interdite, par leur refus perpétuel à apporter sans réserve leur soutien à la solution équitable marocaine. D’ailleurs dans le passé pas lointain à un moment donné, aux yeux du pouvoir algérien après la semence des données et idées étrangères par les nombreux essais sur la discorde et la mésentente dans ce conflit, on croyait s’approcher de l’affrontement direct à travers la lecture en filigrane des positions clairement et franchement opposées aux thèses légitimes du Maroc. 

       Aussi dans cette ambiance régionale spécifique, l’examen des interpénétrations de coups et contrecoups par cet affrontement des valeurs jadis appartenant aux UMA4modes et courants de pensées des deux pays, nous renseigne actuellement sur l’utilisation de ces différences et affinités pour faire interagir les diverses composantes de cet espace. Tout compte fait chacun sait que chez les faucons algériens, la sagesse et la tolérance avaient craqué simultanément les ramenant dans une schizophrénie à peine prononcée, ne comprenant guère les tentatives de l’évitement de déliquescence du Maghreb.

        Cependant, et ce malgré la disparition de l’un des hégémonismes, en l’occurrence le bloc de l’Est, le pouvoir algérien montre toujours qu’il excelle dans ce jeu de combinaisons contradictoires délibérément basé sur la manipulation et l’intoxication. Par ailleurs, il le faisait depuis l’époque de sa diplomatie à coups de pétrodollars d’aides financières pour les mouvements de libération dans le monde, dans l’attente du renvoi de l’ascenseur. A cet effet il se situait par ses relations tentaculaires dans le temps et l’espace, se chargeant d’assurer le suivi des reconversions troublantes de bon nombre de ces mouvements de libération. S’agit-il encore aujourd’hui de la même attitude conflictuelle sur les enjeux à l’égard des marocains par cette surenchère revancharde des prisesUMA Nelson Mandela de position énergiques contestables, frôlant parfois la pire des solutions? Sans doute, au sens où elle suppose clairement le lien existant entre les positions du gouvernement algérien, celui de l’Afrique du Sud et les quelques mouvements de libération d’avant devenus sous son emprise depuis les acquisitions d’indépendances.

       Sauf qu’ils en ont pour leurs frais, vu qu’il ne s’agit plus de suspicion automatique soutenue de ces mouvements de libération transformés en Etats souverains. Ainsi, c’est par bon sens et vigilance qu’il est souhaitable de leur rappeler le rôle qu’avait joué le Maroc pour eux. Nelson Mandela pourrait encore en témoigner pour éviter de faire croire ou accréditer que les marocains sont des aventuriers colonisant autrui sans scrupules.

 Le Maghreb ne peut rester éternellement soumis à cette influence acquise!

      UMA5Face à ce positionnement du pouvoir algérien, le Maroc est appelé impérativement à la redynamisation urgente d’une diplomatie offensive multidimensionnelle pour se prémunir des risques d’incidences internationales dangereuses, dont le revenant Christopher Ross s’en accommode déjà en s’éloignant de l’ex désinvolture de partialité l’ayant mis à contre courant de la responsabilisation. En ce sens pour le Maroc, comment peut-il venir à bout de ce travail de fond dans l’intimité des couloirs feutrés des chancelleries ? Quels sont les outils d’action pour cette noble tâche sous la nouvelle constitution? D’abord en bannissant définitivement certains suiveurs nonchalants de ce dossier, et, en encourageant la participation synergique de la trilogie diplomatique (Etat, parlement, société civile) à l’élaboration des formes structurées et diversifiées des missions et lobbies de pression en faveur de notre position. Puis par les moyens stratégiques composés de messages étatiques concertés, usant du concept universel de la démocratie pour le développement d’une identité maghrébine dans l’espace sécurisé de l’UMA (Union du Maghreb Arabe) juste, prospère et humaine. Ainsi, la clarification de l’argumentaire de notre revendicationUMA6 Mohamed-Darif historique du tissage relationnel, familial, ancestral avec les composantes pléthoriques sahraouies aidera à approcher davantage de pays encore à mi-chemin ou réticents.

        Aussi, par cette affirmation sur les finalités d’action prenant en compte les positions identifiées des marocains de ne pas céder sur l’intégrité territoriale, latrilogie diplomatique ainsi initiée, pointera du doigt les incohérences et les faces cachées de l’aventurisme de ces quelques responsables algériens et leurs acolytes, et qui sont dénoncés par des observateurs avertis. De fait, il est impératif de continuer de porter à la connaissance du monde entier les atteintes aux droits humains perpétrées dans les camps de Tindouf et voisinage, ce qu’avait fait tactiquement l’équipe sortante de Taieb Fassi Fihri reconverti depuis dans son nouveau poste de conseiller du Roi. N’est-ce pas que la production de la terreur au sein de ces camps, rendant la vie infernale et usant des rouages par les filières de détournement de denrées et aides internationales, ne fait qu’augmenter les souffrances de ces séquestrés devenus réfugiée malgré eux ? Justement, ne faut-il pas encore plus maîtriser les rouages de notre diplomatie, et mobiliser toutes les parties concernées pour mettre en échec les visées hégémoniques de ces boulimiques de la contrariété et des faux-semblants ? D’ores et déjà on peut se féliciter de la position de l’Espagne de Rajoy et surtout celle de François Hollande ayant réitéré le soutien de la France en recevant Sa Majesté le Roi Mohamed VI à Élysée juste après son élection.

 UMA7 Chakib-Benmoussa-_CES       Cependant, tenant compte de la proposition équitable marocaine d’autonomie de gestion, en termes de développement régional avancé, leur ton était sec totalement dépourvu d’indulgence vis-à-vis du Polisario. Dont la note de Benmoussa sur la nouvelle approche gestionnaire participative de proximité présentée au souverain, intégrait les dimensions d’utilité et de reconnaissance des niveaux constitutionnels de nos institutions. Par l’usage d’un tracé de décentralisation d’intégration positive de l’équité dans la production des richesses locales, permettant un avenir prospère du savoir faire des populations sahraouies et aussi la pérennité sécurisée de notre pays. Encore faut-il que le pouvoir algérien n’en soit pas vexé, vu qu’elle repose sur la confiance et la conciliation loin des gênes où humiliations de quelque nature que ce soit. Et qu’en même temps que la fusion socio-UMA Benkirane-avec-Abdelazizéconomique, cela consistera en une sorte de réparation de tout ce qui était mis à mal par les souteneurs de la thèse algérienne simplificatrice de la réalité des avancées infrastructurelles colossales consenties par l’État marocain.

        Ce ne serait pas trop demander, alors que le peuple algérien frère a participé aux côtés des marocains à la construction de l’action pour l’indépendance des pays du Maghreb, par la fusion entre engagements militantistes nationalistes et responsabilités historiques de leurs chefs. Justement le retrait de Benkirane et toute la délégation représentant le Royaume au cérémonial officiel après le décès de Ben Bella premier président de l’Algérie indépendante, nous rappelle que bien des questions cruciales UMA9devraient être traitées. En renforçant d’avantage ce débat maroco-algérien, loin du jeu de miroirs où le rêve chimérique du Polisario s’agglutine à celui des faucons du pouvoir algérien, ne cessant en sourdine d’attiser les désirs d’autonomie UMA10 Bouteflikades sahraouis excités et leurs mercenaires restés sous leurs bottes qu’actuellement en connivence avec AQMI.

       Comme pour fabriquer un nouvel espace multi face, qui leur serait éventuellement stratégiquement utile et dévoué en guise d’influence dans la région du Sahel, alors que le consulat algérien en était aussi victime, sauf s’il s’agissait d’un montage calculé pour brouiller les vraies pistes du désert. Ce qu’aurait apparemment comporté par mimétisme d’activisme groupusculaire terroriste, la séquence aventureuse de scission-partition révélatrice de cet état d’esprit voulant  l’implosion de la Libye en Tripolitaine Cyrénaïque et Fezzan. Sachant que déjà Ansars Eddine, AQMI et les Touaregs au Nord du Mali via MNLA, s’agitaient portant la confusion dans cette région à son paroxysme parce que bénéficiant tous du surarmement conséquence de la chute de Kadhafi.

     Surtout en s’accaparant de l’Azawad incluant les villes de Kidal Gao et Tambouctou ce patrimoine mondial de l’UNESCO, le rendant de fait un champ de confrontations directes entre eux. En plus de l’exode massif des populations vers la Mauritanie et le Burkina Fasso provoquant le cafouillage chez des mutins de seconds rangs, inconscients de la géopolitique régionale à devenir putschistes et à prendre le pouvoir contre la volonté de la CEDEAO et les désirs de la communauté internationale.

 UMA11 marzoukiAujourd’hui, le Maghreb se donne-t-il les moyens de sa vraie construction ?

       Ce faisant, loin de tout cynisme recourant au chauvinisme des histoires des indépendances, aujourd’hui avec ce temps révolutionnaire maghrébin, est-ce que la liberté d’expression même dans ses premiers pas, n’annonce-t-elle pas les prémices d’un nouveau Maghreb ? Dont les peuples aspirent à vivre librement dans la paix, et la quiétude, demandant plus de raffermissement de la démocratie pour relever les différents défis qui les attendent. Aussi, tout laisse à croire que pour réintroduire un nouvel ordre de confiance et d’assurance sur l’avenir de l’UMA, des échanges accrus multilatéraux au gré des besoins de l’évolution économique aideraient justement ses pays à piocher dans le vivier de compatibilité relationnelle. D’abord sécuritaire en ce temps de recrudescence du terrorisme multinational d’AQMI et de Boko Haram dans le Sahel et l’Afrique de l’Ouest, conjugué à la propagation du trafic d’armes des faux médicaments tout genre de cigarettes et surtout la cocaïne dans cette région. Puis sociale culturelle et politique pour enfin l’affirmation par le compte d’incarnation de l’histoire commune de ce pôle dans le concert international. La tournée du président tunisien Moncef Marzouki après son investiture par l’assemblée constituante, était à cet égard intéressante pour la redynamisation de l’espace maghrébin et l’élargissement de son horizon, sans spéculation sur les relations algéro-libyennes ni dépréciation sur les jugements antérieurs sur le conflit du Sahara. Ce qu’apparemment les peuples et certains dirigeants actuels cautionnent aisément, évidement en s’essayant de s’accorder sur un programme ambitieux de bon sens pour l’éclosion économique souhaitée et le rayonnement socio politique du Maghreb tant attendu.

        A cet effet pour situer ce cadre du déroulement de ces positionnements et aussi des styles de gouvernance de ces pays aux contrastes socio politiques UMA12invraisemblablement incohérents auparavant, et en fournir le fil conducteur, il faut savoir scruter leurs volets d’actions légitimes du tout sécuritaire face à la propension de la pensée hégémoniste islamiste. Laquelle avance et évolue parfois dans un mutisme de façade, même si, des perspectives pour la contrer sont ouvertes par des visites éclairs ici et là  de personnalités rodées au rouage diplomatique pour donner des gages garantissant les dispositions de la marche vers la démocratie. Bien sûr, il faut répondre à ces questionnements de la manière la plus honnête possible, en évitant de raconter des niaiseries, comme ce qu’en disaient certains commentateurs sur les résultats des législatives algériennes vu le très petit taux de participation. Contrairement au cas des frères musulmans égyptiens qui faisaient semblant de jouer aux démocrates sans déranger les voisinages, alors qu’au fond ils préparaient leur razzia sur toutes les institutions. Encore le principe du parti unique qui risquerait de ressusciter en Egypte par suite à l’élection présidentielle de Morsi, se cachant derrière l’émotion populaire anti conseil militaire après le limogeage déguisé du maréchal Tantaoui pour faire passer sa constitution.

UMA13 benkirane_tunisie_homologue       Personne n’est dupe, désormais les maghrébins se sont retirés des lamentations invraisemblablement non constructives. Pour les uns formant le peuple à laïcivilité se bougeant vers une tendance de réveil des consciences de ne pas se laisser voler leurs revendications socio-économiques voire culturo-politiques, pour les autres se mettant derrière leurs emphatiques maîtres pour s’imposer sur le terrain car simplement déroutés face aux divers raisonnements islamistes. A dire vrai, c’est même drôle d’assister à une telle orchestration de la conceptualisation du futur du Maghreb, au travers des jugements et inquiétudes à contre sens foisonnant dans toutes les composantes. Quoi qu’il en soit, n’est-ce pas que c’est dans ces moments difficiles que cet espace composé de pays séculaires, pourrait réinventer et repenser sa reconstruction, par l’adoption de critères d’utilité supra-nationale s’appuyant sur l’essentiel qu’aujourd’hui représentent les fondements d’appropriation de la démocratie ? Ce qui le dédouanerait des défiances vécues tout au long du processus révolutionnaire arabo-amazigh, et le montrerait de nouveau sous un volontarisme balayant tout autre péril pouvant le guetter.

Abdelaziz Ikkrou

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