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Maroc : Othmani Saad-Eddine, le Pjdiste qui s’est fait ramener ses détracteurs à lui, en se scellant opportunément de la cire de la chancellerie

By   /   15 septembre 2012  /   No Comments

Par Abdelaziz IKKROU

Lorsqu’on connait son parcours insensé, on comprend son désir d’oublier ses blessures. 

Après avoir juré de faire sa place tant qu’il lui resterait un souffle de vie, on ne peut pas dire qu’il ne l’ait pas réussi. 

Tellement il s’est métamorphosé n’étant plus prostré, maintenant il n’attend que de s’engouffrer dans la brèche du tâtonnement de son chef au parti pour un autre accomplissement.  
Son apprentissage accéléré des affaires de l’Etat, a fait de lui, une valeur sûre à un éventuel changement de cap et/ou de vitesse   de l’action gouvernementale le cas échéant. 
Mais attention d’avancer les yeux exorbités, pensant que  que la déchéance d’autre fois ne pourrait rien contre soi. Parce qu’en politique quand on s’assoit sur un siège près du mirador de surveillance et décisions, on s’expose aux convulsions parfois à l’effondrement. 
Mais qui est-il OTHMANI Saad-Eddine, à vouloir etre interessant faisant fi des confidences haineuses des siens et des détails d’observance et vigilance autour?
       Un homme charitable passionné de justice et d’équité. Au début de sa déchéance à la tète de son parti il n’avait cessé malgré qu’il s’en défende, de faire allusion d’incompréhension à l’accordéonisme médiatique de son successeur. N’était-il pas l’héritier d’Alkhatib et véritable promoteur de la dédiabolisation du PJD, pour en faire un parti de gouvernement? Ne brusquant rien mais offrant plutôt un aspect sage au visage encadré d’une mince barbe grisâtre par opposition à celle sauvage de ses homologues sous d’autres cieux.
Sans doute, c’est ce positionnement qui le faisait passer à tort aux yeux de ses détracteurs pour le candide de la politique, croyant que la gentillesse est le seul remède contre l’usure au sein du parti. En tout cas, il avait laissé le souvenir de celui qui n’avait pas compris l’esprit interventionniste de l’autorité bis invisible par rapport à celle visible, et qu’il est arrivé à effacer facilement actuellement. On se demande si tout ceci n’était pas pré pensé et savamment orchestré par lui, car dans ses décisions, il lui fallait constamment tenir compte du plausible. Bien qu’ensuite, à un moment ne maîtrisant plus rien malgré sa présidence du conseil national, il sentait sa stratégie se briser depuis l’éclatement du printemps arabe qui n’en fini d’ailleurs pas. A voir l’hécatombe syrienne, les manoeuvres politiciennes tunisiennes d’accompagnement des événements, les cataclysmes politiques à dénouement tragique libyeens, les abréactions politiciennes morsiennes égyptiennes résolument induites sans esquive comme par magie. Cependant, lui, depuis le début il se faisait tout simplement passer pour le symbole, mythe vivant de l’alternance saine et démocratique entre colombes et faucons au sein du parti. Une posture incomprise, alors qu’en vérité c’était une humiliation subie, qui lui avait laissé des stigmates qu’il voulait à tout prix effacer et dont évidemment il a réussi le pari en partie.
Vraiment dès l’enclenchement du printemps arabe, il était interloqué par le constat de ferveur des manifestations et insurrections noyées dans divers courants. Dont l’islamisme bravant ces éternels présidents autocrates, qui furent des années durant alliés en double aveugle à l’occident et à d’autres girons, même si, ces islamistes l’étaient aussi parfois en catimini. Il n’en demeure pas moins que lui aussi, bénéficiait d’entrées et sorties à l’ambassade des USA et ailleurs, ce qui ne l’empêchait pas d’être sévèrement critique sur certaines de leurs positions irrationnelles. De ce fait, il ne lui restait alors qu’adopter un profil plus ambitieux et ne plus craindre à se mesurer aux caciques du parti et se faire sa place. Apparemment sa formation d’origine l’aurait aidé à scinder le dédoublement de son hésitation, loin de tout ressentiment de haine de trahison ou d’abandon. Preuve en est sa consécration à la tête du département ministériel des affaires étrangères, même s’il est flanqué de deux autres ministres délégués auprès de lui, surtout d’un vétéran de la chancellerie ayant fourgué ses armes depuis Nairobi en l’occurrence Amrani, alors que l’autre il fait figure de bouée de sauvetage pour les marocains d’ailleurs.
Ce faisant, on ne le saura sans doute jamais, lorsque le PJD a eu vent du soupçon de tendance à une civili-laïcité de l’esprit de l’Etat dans l’une des moutures de la constitution de 2011, apparemment, il aurait été le premier au parti à dénoncer cette tentative. A ce titre, était-il convaincu qu’elle serait avortée, si une menace par le non au référendum est clairement brandie? En tout cas il ne s’était pas trompé, les choses s’étaient vite arrangées et le oui référendaire l’avait ensuite amplement emporté. Ainsi le PJD avait appelé comme beaucoup d’autres partis à se lancer dans des consultations préliminaires sur la loi de programmation des élections législatives anticipées, ne laissant pas au ministre de l’intérieur de l’époque le soin de trancher seul ce destin alors qu’il n’avait pas cette prétention. A ce propos il se sentait pousser des ailes suite à ce positionnement du parti presque une menace feutrée de ne plus céder. Justement à l’époque son parti n’était plus prêt à laisser en suspens sans réponse les problèmes les plus épineux le concernant, surtout après sa rafle de la mise électorale au soir du suffrage du 25 Novembre 2011 cher à tous les pjdistes.
Ceci dit, c’est comme ça qu’il s’était racheté auprès de sa jeunesse montrant un talent rare, celui d’avoir tout de suite compris que parler de politique sans être rébarbatif, est le seul moyen de ne pas se faire passer comme du temps de son mandat à la tête du parti  pour la serviette de service de surcroît jetable. Ses sorties médiatiques à l’ores de son installation à la chefferie des affaires étrangères étaient bien soignées. Il semblait s’être épanoui se positionnant triomphalement dans le terrain de son mentor Feu Docteur Alkhatib dans l’attente d’un autre accomplissement encore plus exhaltant, qu’au demeurant a concrétisé par son initiative à se rendre en Algérie. Ainsi, à ce moment tous les observateurs admettaient que c’était élégant de sa part, de se poser face à face mutuellement avec le pouvoir algérien les véritables questions, à condition de ne pas confondre information s’appuyant sur des faits et tractation risquant de tout placer sur le terrain de la revendication. Ainsi il pensait que ça pouvait prévenir des incompréhensions, parce que justement il voulait instaurer un nouveau ton communicatif rien qu’en parlant. De ce fait, les résultats obtenus par ce rythme plus accéléré qu’auparavant, étaient seulement fantaisistes.
Son baptême du feu est amplement foisonnant sur le plan de la présentation, le montrant, atteignant un degré de maturité politique en commençant par l’Arabie Saoudite passant ensuite en Egypte, Tunisie, Algérie et sommet de l’OUA à Addis Abeba. Puis en Espagne, Portugal, Mauritanie et aussi la réunion des ministres des affaires étrangères du Maghreb à Rabat. Mais sa participation au G5+5 devenu G10 à Rome en Italie n’apportait rien de concret, si ce n’est un dialogue de conjugaison des mots au conditionnel, parce qu’en Tunisie comme en Libye les gouvernements attendent toujours les aides et aussi les déblocages de leurs avoirs gelés.  C’est vrai sa participation à Londres pour la Somalie, et sa prestation remarquée à Tunis lors de la conférence des amis de Syrie, n’allant pas à l’époque dans le sens du positionnement dur des saoudiens et qataris, montrent qu’il était dans l’incompréhension du monde de l’invraisemblable, dont il va certainement se rattraper à la prochaine réunion en Octobre au Maroc. Sa visite au Japon, comme sa réception en grande pompe d’Alain Jupé à son ministère l’a mis en station orbitale des chancelleries internationales, malgré qu’après l’arrivée d’Hollande à l’Elysée il n’eut pu être reçu que par Moscovici en tant qu’ex-directeur de campagne devenu ensuite ministre de l’économie et des finances.
Aujourd’hui, en plein dialogue stratégique maroco-américain à Washington, il est plus à l’aise dans ses embrassades et saluts protocolaires, se sachant encadré par une délegation plus étoffée au fait des dossiers depuis la signature du fameux partenariat particulier datant de l’époque Fihri. Voire chouchouté vu la respectabilité dont s’honnore Sa Majesté le Roi Mohamed VI à l’international pour la stabilité du pays en concomitance du train d’initiatives pour le changement sociétal paisible et démocratique dans le respect des droits individuels et colléctifs, et ce, malgré la présence de mains glacées cherchant le parasitage et l’embrouillage des messages envoyés. C’est tout de meme la vérité constatée avant l’avènement du printemps marocain, malgré ce qu’on peut penser de l’atmosphère tendue, suite, à l’assassinat de l’ambassadeur américain en Libye et les manifestations dans le monde arabo-musulman, contre l’intolérable film-navet anti-islam produit catimini aux USA.
C’est vrai que pendant ce round là, Othmani s’est laissé docilement mener, sentant son amour propre moins transi en constatant de visu les pourparlers engagés pratiquement d’égal à égal avec l’occupante du foreign office Madame Clinton à propos de tous les sujets abordés. Passant par les droits de l’homme dans les camps de Tindouf, le développement socio-économique, la lutte antiterroriste pour la sécurité de la zone sahélienne et  notamment l’affaire du Sahara dans son traitement par l’autonomie dans la régionalisation avancée. Meme si Christopher Ross et Madame Kerry Kennedy avaient montré une partialité flagrante en défaveur du Maroc. Désormais, il n’est plus l’inconnu dans la batisse luxueuse en face des remparts historiques shellaeens, contrairement à certains de ses semblables dans d’autres départements ministériels ne s’employant qu’au verbiage. Parce qu’il ne sont pas encore sortis de leur dédoublement, restant toujours interrogateurs sur les mirages aprioristes qui se sont évanouis devant eux par le réalisme politique. Ce qui annonce peut etre un remaniement éminent, car les istiqlaliens dans l’attente de leur congrès le 23 Septembre 2012, en sont favorables à même de quitter la coalition. Ainsi, pour lui c’en est fini le temps où il était abondonné, bafoué, voire rendu malgré lui pestiféré au parti! Il est même devenu de bonne humeur, prenant toujours garde de rendre les respects qu’il doit, à qui de droit en chancellerie, car il a compris où se trouve son intéret, sans faire d’effort pour maitriser ses réticences d’avant. Finalement, il s’est métamorphosé, devenant de marbre devant les situations inconfortables parlant lui aussi ex-cathedra d’un ton pragmatique, comme l’étaient souvent certains de ses prédecesseurs.
Tout ceci, c’est pour dire que tous ces voyages itératifs aux USA, Russie, Chine, Europe et ailleurs, c’est peut être le signe d’un profilage à une autre destinée beaucoup plus exhaltante. Comme par exemple la présidence du gouvernement, le cas échéant, en restant dans l’esprit de la nouvelle constitution. Mais qu’en pense son chef, le titulaire actuel monsieur Abdelilah Benkirane, si un jour il est amené à une autre tache beaucoup plus proximale? Mais voilà, qu’on nous sort plus la théorie du complot contre lui, parce que des observateurs avertis ont pérçu une lassitude, voire désinvolture manifeste, par incompétence dans le traitement des affaires de l’Etat chez certains membres de ce gouvernement. C’est justement de bonne guerre de faire cette prévision, meme si, il aura peine à le supporter alors que le pays est en dérive socio-économique! N’est-ce pas, que ça serait la fete dans la tête chez Othmani, de cette projection de l’écartement de Benkirane et ses proches protégés, une sorte de revanche de sa déconfiture au dernier congrès du parti?
 Abdelaziz Ikkrou
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