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Moyen-Orient : Poutine, ou le retour 脿 la guerre froide

By   /   19 octobre 2013  /   No Comments

 

Mohamed Mellouki

Mohamed Mellouki

Par Mohamed Mellouki

Sortie militairement d茅faite et financi猫rement exsangue d鈥檜ne guerre de dix ans, de 1979 脿 1989, pour soutenir le r茅gime communiste de Najibullah en Afghanistan, l鈥檃ncienne URSS a 茅t茅 aussit么t confront茅e 脿 une s茅rie de d茅fis qu鈥檈lle ne pouvait plus relever, et n鈥檃llait pas tarder 脿 entamer son cr茅puscule. Expos茅e 脿 des men茅es d茅stabilisatrices savamment orchestr茅es par l鈥橭ccident auquel s鈥櫭﹖ait joint, sournoisement, le Vatican sous le pape polonais Jean-Paul II, et d茅fi茅e par la mont茅e en puissance des courants ind茅pendantistes des 脡tats de l鈥橢urope de l鈥橢st et des r茅publiques musulmanes, elle voyait, impuissamment, sauter un 脿 un ses principaux verrous du Rideau de fer mis en place au lendemain de la 2猫me Guerre mondiale. Subissant parall猫lement les retomb茅es drastiques d鈥檜ne pens茅e 茅conomique obsol猫te 茅rig茅e durant 70 ans en syst猫me de vie d茅cadent, elle s鈥檈st repli茅e progressivement comme une peau de chagrin sur son terreau d鈥檕rigine avant de dispara卯tre d茅finitivement, en 1991, entra卯nant dans son sillage la dissolution de l鈥櫭塼at communiste et de son bras arm茅, le Pacte de Varsovie. Ce d茅membrement mit fin 脿 l鈥櫭﹖at de bipolarit茅 et 脿 la Guerre froide qui r茅gnaient depuis la fin de la 2猫me Guerre mondiale, consacrant le leadership am茅ricain sur la plan猫te.

H茅ritant des oripeaux de ce que l鈥檃ncien pr茅sident am茅ricain Reagan appelait l鈥檈mpire du mal, la F茅d茅ration des R茅publiques de Russie, cr茅茅e au lendemain de la r茅volution bolch茅vique, dont elle constituait le socle, sur les cendre de l鈥檈x empire tsariste, faisait figure de puissance au talon d鈥檃rgile face 脿 une Am茅rique victorieuse et dominatrice. Min茅e par une n茅buleuse mafiosi qui a investi un champ 茅conomique devenu un gigantesque march茅 noir et un 茅chiquier politique national cupide et tiraill茅 entre conservateurs et r茅formistes , la nouvelle Russie semblait vou茅e, 脿 son tour, 脿 un sombre avenir. L鈥檃rriv茅e au pouvoir d鈥橢ltsine, tombeur de Gorbatchev qu鈥檌l avait sauv茅 quelques temps auparavant d鈥檜ne tentative de putsch militaire se pr茅sentait quelque peu salvatrice. Sombrant dans l鈥檌vrognerie, Eltsine a vite d茅teint sur la nouvelle Russie qui d茅p茅rissait 脿 son image et semblait d茅finitivement accul茅e, 脿 son tour, 脿 la dislocation. Bizarrement c鈥檈st 脿 ce m锚me Eltsine que le pays va devoir son renouveau actuel. Dans une audacieuse initiative qui n鈥檃 jamais 茅t茅 v茅ritablement 茅lucid茅e et a laiss茅 perplexe le microcosme politique, il se fait assister d鈥檜n illustre inconnu sur lequel personne ne misait un copeck et qui ne manque pas depuis de surprendre.

Vladimir Poutine fait son apparition au Kremlin en 1998, en tant que Conseiller d鈥橢ltsine 脿 la s茅curit茅 int茅rieure. Il y para卯t comme un cheveu sur la soupe au milieu d鈥檜ne vieille garde g茅rontocrate et nostalgiquement brejn茅vienne pour la plupart. Si cette premi猫re nomination au sommet du s茅rail avait suscit茅 des 茅tonnements, elle semblait simplement coller 脿 une personnalit茅 forg茅e dans les rouages de l鈥檈x KGB, charg茅e de remettre de l鈥檕rdre dans un foutoir s茅curitaire. Elle le fait acc茅der 脿 la primature l鈥檃nn茅e suivante. Devenu g芒teux 脿 un 芒ge pr茅coce, Eltsine d茅missionne pour incapacit茅 et ouvre 脿 son poulain la voie de la pr茅sidence.

L鈥檃v猫nement de Poutine 脿 la t锚te de l鈥櫭塼at russe, en 2000, d茅cha卯ne une vague de sp茅culations sur le personnage. Le regard per莽ant, les l猫vres 脿 peine entrouvertes quand il parle- peu d鈥檃illeurs- son allure de commando et sa d茅marche saccad茅e, presque m茅canique, et sa propension pour les armes 脿 feu d茅notent ind茅niablement un profil sec et autoritaire, peu commode et aux dents longues, qui ne semble pas m没 uniquement par le pouvoir, bien que cette tendance a l鈥檃ir de transpirer sur un visage froid et imp茅n茅trable de celui qui semble porter la Russie sur son dos. Manifestement il se veut l鈥檌ncarnation de la patrie, de l鈥檋茅ritage, de la fiert茅 et de l鈥檋istoire russes. Et probablement, aussi, celle d鈥檜ne l茅gende. Mais la situation malais茅e, au cours de ses deux premiers mandats, dans laquelle se trouvait son pays sur pratiquement tous les plans vis-脿-vis d鈥檜ne Am茅rique au fa卯te de sa puissance et condescendante le mettait ind茅niablement mal dans sa peau. Elle avait l鈥檃ir de lui faire la faveur de l鈥檃ssocier aux sujets br没lants de la plan猫te tout en lui signifiant clairement qu鈥檌l comptait quelque peu pour du beurre au moment d茅cisif. La d茅cision de Bush Jr d鈥檃ttaquer l鈥橧raq malgr茅 le v茅to russe a d没 lui rester en travers de la gorge. Evidemment pas pour les beaux yeux de Saddam, mais pour son impuissance 脿 croiser le fer avec une OTAN technologiquement omnipotente. Ne pouvant accomplir un 3猫me mandat cons茅cutif, il proc猫de avec son ami et premier ministre 脿 un changement de chaises musicales qui lui permet de revenir au pouvoir en 2012, plus d茅cid茅, cette fois-ci, 脿 ne pas se laisser marcher sur les pieds. Ind茅niablement, le Sommet du G20, le 5 septembre 2013 脿 Saint Petersburg, lui en a offert l鈥檕ccasion propice. Au-del脿 du d茅saccord avec Obama sur la question syrienne, c鈥檈st une nouvelle p茅riode de tension entre Est-Ouest qui a l鈥檃ir de pointer 脿 l鈥檋orizon. L鈥檕urs russe a repris du poil de la b锚te. Un peu 脿 cause de la b锚tise d鈥橭bama qui a assez longtemps tergivers茅 sur sa fameuse frappe limit茅e, permettant 脿 la fois 脿 Bachar Al-Assad de d茅pendre un peu plus de Poutine et 脿 celui-ci d鈥檌ntroduire en force sa flotte en M茅diterran茅e et de consolider ses assises 脿 Tartous. En agitant l鈥櫭﹑ouvantail d鈥檜ne implication directe, aux c么t茅s de Bachar, dans une 茅ventuelle 鈥 frappe鈥 contre celui-ci, et en imposant son option politique pour r茅soudre le cactus syrien, Poutine a ind茅niablement donn茅 脿 r茅fl茅chir et fait reculer les USA.

Le pr茅sident russe sait pertinemment que son homologue syrien est d茅finitivement cuit depuis longtemps. Il le maintient, autant d鈥檃illeurs que l鈥橧ran et le Hizbollah, sous perfusion le temps de consolider sa pr茅sence sur le terrain pour mieux prendre date dans l鈥檃pr猫s Bachar. Le drame syrien est devenu un test de leadership entre les deux puissances. L鈥檜ne tient 脿 son r么le de Gendarme du monde et l鈥檃utre manifeste sa volont茅 脿 changer la donne. Et si ce n鈥檈st pas encore le retour 脿 la Guerre froide, on n鈥檈n est pas loin.

Mohamed Mellouki

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