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Egypte : Moubarak renaît tel un sphinx. …

By   /   23 août 2013  /   No Comments

Par Chahid BENDRISS

La justice égyptienne a approuvé, hier, la demande de remise en liberté de l’ancien dictateur Hosni Moubarak, au risque d’aggraver des tensions toujours très vives.

Opération absolution pour Moubarak ? La justice égyptienne a ordonné, hier, la remise en liberté de l’ancien dictateur, qui pourrait sortir de prison dès aujourd’hui, au risque d’aggraver des tensions toujours très vives, sept semaines après l’éviction du président Mohamed Morsi issu des Frères musulmans. Le parquet a, en outre, annoncé qu’il ne ferait pas appel de cette décision, prise à la prison de Tora, où l’ex-raïs est détenu pour corruption, la quatrième et dernière affaire pour laquelle il est encore derrière les barreaux.

Toutes les charges justifiant le maintien en détention de Moubarak ont été levées. Toutefois le procès en appel pour sa responsabilité dans la mort de plus de 800 manifestants pendant la révolution qui a conduit à son éviction du pouvoir, en février 2011, se poursuit. Il avait été condamné à perpétuité en première instance en 2012 avant que la sentence soit annulée par la Cour de cassation en janvier dernier. La prochaine audience en appel est fixée à dimanche, mais la période maximale de détention préventive est arrivée à son terme. Cette procédure n’implique pas son maintien en prison.

Âgé de quatre-vingt-cinq ans, malade, Hosni Moubarak ne jouera probablement plus jamais un rôle politique. Mais sa libération conditionnelle souligne la stratégie délibérée du pouvoir installé par l’armée voulant se concilier à la fois les bonnes grâces des nostalgiques de l’ancien régime mais également éliminer les Frères musulmans.

Le chantage américain

Au lendemain de l’interpellation de Mohamed Badie, le guide suprême de la confrérie, la presse égyptienne a annoncé hier celles de Mourad Ali, le porte-parole du Parti de la liberté et la justice, branche politique des Frères musulmans, et de Safouat Hegazi, un prédicateur islamiste. Depuis la destitution et l’arrestation de Morsi, début juillet, la justice a lancé des centaines de mandats d’arrêt contre des membres ou des proches de la confrérie. « Les putschistes pensent que l’arrestation des dirigeants des Frères musulmans et les attaques contre leur image dans les médias feront plier les Égyptiens et leur feront accepter le coup d’État », a accusé la confrérie dans un communiqué publié après l’arrestation de Mohamed Badie, inculpé en juillet d’incitation à la violence et au meurtre.

 Critiqué à l’étranger pour ce qu’il appelle sa « guerre contre le terrorisme », le gouvernement égyptien a prévenu que les menaces de Washington concernant son aide de 1,5 milliard de dollars par an étaient « un mauvais signal ». Selon la Maison-Blanche, les États-Unis n’ont pas encore pris de décision quant au versement de cette aide, alors que plusieurs journaux américains ont annoncé sa suspension. De leurs côtés, les ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne (UE) se sont retrouvés à Bruxelles pour une réunion d’urgence consacrée à la situation en Égypte, mais leurs moyens de pression paraissent plus que limités, d’autant plus que l’Arabie saoudite a promis de compenser tout déficit de versement d’aide occidentale (voir ci-dessous). Enfin, le torchon brûle entre Ankara et Le Caire, qui a prévenu que sa patience était « proche de sa limite », après que le premier ministre turc, Recep Tayyip Erdogan, a cru voir la main d’Israël derrière la destitution de Mohamed Morsi.

Le hamas veut rouvrir rafah.  

Hier, le Hamas demandait la réouverture du poste de passage de Rafah vers la bande de Gaza, fermé sur décision du Caire suite à la mort de 27 policiers dans un attentat à la roquette près de la frontière. Les autorités égyptiennes accusent le Hamas d’interférer dans ses affaires et suggèrent que les Palestiniens fournissent une aide substantielle aux djihadistes qui ont fait du Sinaï un théâtre d’opérations depuis 2005. Ces derniers multiplient les attaques depuis la destitution du président Mohamed Morsi.

 « Les Palestiniens, le peuple de Gaza, ne doivent pas payer le prix des problèmes et des divisions de l’Égypte », plaide Ghazi Hamad, le ministre des Affaires étrangères du Hamas.

Chahid Bendriss

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