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Bahreïn : trahie et férocement réprimée dans le silence total, la révolution populaire contre l’absolutisme et l’Apartheid, continue!

Situation du Bahrein dans le Golf
Situation du Bahrein dans le Golf

Jamais une révolution populaire contre  l’absolutisme et l’arbitraire; comme celle du peuple bahreïni, n’a fait l’objet d’un tel mutisme et de désinformation. Aucune autre dans l’histoire contemporaine n’a été réprimée avec la férocité et la dureté dans une indifférence totale et des occidentaux et des organismes de défense des droits de l’homme. Le monde tout entier feignait de ne rien entendre et de ne rien voir. C’est comme s’il y avait un consensus prémédité à ce propos. L’occident qui voulait taire les premières péripéties de la révolution tunisienne s’était ressaisi quand il s’était avéré que la répression des manifestants devenant aussi féroce, menaçait de précipiter le pays vers le chaos. En Libye, les occidentaux s’étaient bousculés dès les premiers jours des manifestations pour aller en finir avec Kadafi dont ils ne supportaient pas les volt-faces récurrentes. En Egypte,  le monde tout entier ne parlait que de cette révolte populaire contre le Rais. En Syrie, l’ampleur de l’intervention en sous-main des occidentaux et de quelques monarchies du Golf, et ce, depuis le premier jours des manifestations pacifiques, avait transformé un mouvement embryonnaire de revendication démocratique en une véritable révolution aux allures d’une guerre civile! Seule la Révolution au Bahreïn a été trahie et négligé jusqu’à aujourd’hui. Et pourtant c’est l’une des Révolutions des plus légitimes, car c’est contre un régime absolutiste pratiquant une politique de vrai Apartheid à l’égard d’une majorité de citoyens, qu’elle avait éclaté. Les raisons sont connues quant à cette affaire. Il semble que la géographie et l’histoire de ce petit pays, condamnent son peuple à souffrir encore sans que l’on lui prête attention.  

Nous publions ci-dessus un article exhaustif sur cette révolution autour de laquelle règne un silence de plomb. Cet article  nous ai parvenu d’une personnalité du monde associatif s’occupant des droits de l’homme dans la région moyen-orientale et qui n’est que Mme  Yana KOROBKO, Vice-présidente et Membre-fondatrice de  l’Observatoire des mers Noire, Golfe et Méditerranée (OBGMS) à  Paris; Vice-présidente de l’Institut de la Paix et le Développement (INSPAD); et  Membre honorable de l`organisation “Planet Diplomat” à Dubai.

Sami Shérif

Sur la révolution du Bahreïn sans tabou

Carte du Bahrein
Carte du Bahrein

Par Yana KOROBKO

Le Bahreïn est l’un des plus petits pays dans le monde. L’Etat bahreïni, microscopique mais relativement riche, s’établit sur un petit archipel du Golfe persique, qui comprend 33 îlots, dont le plus vaste est Bahreïn. Il n’est apparu sur la carte politique internationale qu’à la suite de la proclamation de l’indépendance en 1971. Auparavant, c’était l’une des nombreuses dépendances britanniques  dans le Golf, que l’Angleterre avait arrachées à la tutelle turque, mais dont elle avait conservé les familles régnantes locales (les Al Khalifa au Bahreïn, les Al Sabah au Koweït, les Al Hamad au Qatar, les Al Nahyane Aux Emirats et les Al Kabous à Oman).

Depuis l’indépendance du pays, la famille des Al-Khalifa qui avait auparavant collaboré avec les turcs puis avec les britannique, a pu s’assurer de sa mainmise sur le pays et s’est imposée comme garante de l’intégrité territoriale du pays et comme protectrice de sa population contre les menaces extérieures surtout celles du grand voisin iranien dont les responsables du temps des Shahs Pahlawi déjà, le considéraient comme terre historiquement iranienne.

La légitimité du régime est donc basée sur une tradition historique consacrant la famille des Al Khalifa à la tête du pays. Elle est aussi constitutionnellement reconnue dans ses prérogative par la toute dernière constitution ayant été adopté en 2002 par un référendum national, qui stipule que que le “Bahreïn est un royaume constitutionnel et héréditaire. Le pouvoir s’y transmet du père à son fils aîné [….], à moins que le roi ne nomme comme son successeur un autre de ses fils, selon les dispositions du décret de succession”.

Aujourd’hui Bahreïn est devenu l’un des pays arabes instables en raison des manifestations massives qui le secouent depuis déjà deux ans. Les motivations desRévolution au Bahrain5 manifestants qui continuent à s’agiter, semblent revêtir un caractère communautaire dès lors que le pouvoir essaie de présenter ces manifestants comme étant de simples activistes chiites manipulés par l’Iran. Mais, en vérité, il s’agit fort bien des mêmes motivations qui avaient animé les révolutionnaires en Tunisie, en Égypte, au Yémen ou en Libye. La ressemblance des mouvements de protestations que ce soient au Bahreïn ou dans ces pays s’établit d’elle-même puisque dans tous ces pays, les mouvements révolutionnaires visaient la destitution des pouvoirs dictatoriaux établis. Elle s’intensifie dès lors que l’on découvre que dans chacun de ces cas, il y a eu recours à internet pour mobiliser et organiser les manifestants.

Le 14 février 2011 dans plusieurs endroits au Bahreïn, les manifestations avaient commencé avec une ampleur sans précédent. Des dizaines de milliers de protestataires avaient occupé le centre de Manama la capitale et avaient campé à la place Lou2’lou2a. Si on analyse  les réclamations des manifestants, elles étaient plutôt de nature politique plutôt que religieuse. Elles exigeaient sans ombrage une augmentation des opportunités d’emplois, l`amélioration des services, des réformes constitutionnelles, des élections libres et démocratiques d`un nouveau Conseil Consultatif  représentatif de toute la population, la libération des prisonniers politiques, la fin de la corruption etc. La plupart des ces revendications avaient été négligées et ignorées par les autorités qui n’y voyaient que des alibis empruntés par des activistes chiites à la solde de Téhéran.

Révolution au Bahrain6Des restrictions à l’égard de la majorité chiite qui rappellent celles de l’Apartheid

Il faudrait préciser à juste titre, que les chiites bahreïnis qui représentent 70% de la population du pays, ne sont pas d’origine perse; mais arabe et ils sont très fiers de leur identité, sauf qu’ils sont arbitrairement privés de la possibilité de vivre et de circuler dans un périmètre représentant 40% du territoire du pays. En particulier, la ville Riffa est considérée comme une « terre interdite » pour eux (voir la carte ci-dessous). Une aberration qui relèverait d’un régime d’Apartheid, à laquelle s’ajoutent d’autres restrictions beaucoup plus

Protestestataires pacifistes en campement à la place Lou2'lou2a à Manma au Bahrein
Protestestataires pacifistes en campement à la place Lou2’lou2a à Manma au Bahrein

importantes, entre autres : celles qui entachent la composition du parlement avec ses deux chambres :

– Haute Chambre du Parlement (40 sièges désignés par le roi)

– Sunnites 19 membres (47,5%)

– Chiites 20 membres (50%)

Chrétiens 1 membre (2,5%)

– Chambre Basse du Parlement (40 sièges élus en 2010)

– Al Wefaq (chiites islamistes) 18 membres (45%)

Al Asalah (sunnites salafistes) 3 membres (7,5%)

Al-Menbar (sunnites des Frères musulmans) 2 membres (5%)

– Indépendants (sunnites) 17 membres (42,5%)

La place Lou2lou2a au centre de Manama complètement rasée par les forces de répression  étrangères
La place Lou2lou2a au centre de Manama complètement rasée par les forces de répression étrangères

Cette surreprésentation de la famille régnante et de la minorité sunnite se retrouve également dans la composition de la Cour Royale(le tribunal), la Garde Nnationale, la Sécurité Nationale et les services de renseignement. Dans les ministères, où les restrictions concernant la religion sont moins rigides (Travaux Publics et Logement, Santé), des normes limitatives sont tout de même en vigueur et concernent la nomination des chiites aux postes de responsabilité. Nombre d’observateurs locaux attestent-même que dans les forces de sécurité et les services de renseignement, il y a même des préférences pour les sunnites venant de plusieurs pays arabes voisins et ce sont eux qui tiennent le pouvoir au sein de ces organismes très sensibles.

Non moins dramatique est la politique de la famille royale vers la minorité chiite dans le domaine de l’emploi où ce sont les migrants sunnites qui parviennent les premiers à trouver du travail, les nationaux de confession chiite doivent attendre ou se contenter des emplois salissant et dégradant que leurs concitoyens sunnites boudent! Encore que ces derniers, jouissent d’allocations particulières pour mener leurs projets industriels et commerciaux (prêts bancaires, exonérations et réductions fiscales…) et disposent d’autres préférences économiques fixées au niveau de l’Etat par une réglementation tout à fait ségrégationniste.

Cette politique discriminatoire vise à affaiblir la communauté chiite de peur qu’elle ne prenne de la force lui permettant d’imposer un quelconque rapprochement avec le voisin iranien devenant très puissant comme au temps du Shah qui ne cachait nullement ses ambitions d’annexer un jour le pays.

L’Iran représente-t-il à présent un danger pour le Bahreïn?

Les relations entre l’Iran et le Bahreïn ont été toujours revêtu une caractéristique historique très particulière. Les Safawides qui luttaient contre l’hégémonie

Réunion du CCG
Réunion du CCG

ottomane s’étaient forgés une certaine réputation et avaient également établi un grand empire débordant les frontières traditionnelles perses. Ils avaient annexé une partie de l’Irak actuellement appelée en persan le Khûzistân (l’Arabistan pour les irakiens), et une grande portion de la côte sud du Golf y compris le Bahreïn. Celui-ci demeura jusqu`à 1783 la quatorzième province de l’Empire Safawid. C’est ce qui explique l’existence d’une majorité chiite, car les Safawid ; voulant se démarquer des Ottomans sunnites, avaient décrété dès 1552 le Chiisme comme religion d’Etat. Des liens presque de parenté étaient nés ainsi entre les deux pays, liens qui jusqu’à nos jours n’ont pas perdu de leur essence.

Dès le début des événements révolutionnaires, l’opposition bahreïnie a ouvertement déclaré qu’elle n’a pas l’intention de renverser le roi Hamad Isa Al Khalifa. L’exigence principale des manifestants tournait au tour de l’élection libres de personnes aux postes de chef du gouvernement et de ministres. Elle visait le remplacement de Khalifa Salman Al Khalifa (l’oncle du roi) au poste de Premier Ministre qu’il occupait depuis plus de quarante ans. Une telle revendication avait trouvé écho chez les leaders iraniens qui ont toujours exercé une influence effective sur la majorité chiite du pays. Celle-ci, de part sa place dans l’île, la plus grande communauté et la plus politisée, ne manquerait pas en cas d’élection libres, de les remporter et d’accéder ainsi aux commandes du pays. L’Iran espèrerait ainsi tirer un avantage stratégique d’un éventuel changement démocratique au Bahreïn. Un tel changement, s’il viendrait à se réaliser présenterait une déstabilisation de tous les régimes de la péninsule arabique, y compris celui de l’Arabie Saoudite. Selon le ministre des affaires étrangères du Bahreïn : “Manama accueille, favorablement, l’idée d’une promotion des relations avec Téhéran, sur la base de la non-ingérence” et il ajoute, – “ si l’Iran franchit un seul pas en notre direction, nous allons franchir deux pas”. De son  côté Téhéran estime que les accusations d’ingérence dans les affaires intérieures du Bahreïn portées à son encontre par les pays du Golfe étaient “contraires à la réalité” et destinées à “éluder les vrais problèmes” du royaume secoué par une contestation populaire. Le porte-parole du ministère iranien des affaires étrangères, Ramin Mehmanparast l`explique: “Nous n’avons pas fait, ne faisons pas et ne ferons pas d’ingérence dans les affaires nationales d’un pays”en pressant Bahreïn de “rechercher la bonne solution pour résoudre ses problèmes en répondant favorablement aux revendications légitimes de son peuple au lieu de prendre des mesures militaires et sécuritaires”.

Bahrain révolutionLa stratégie de l’Arabie Saoudite

L’Arabie Saoudite, le pays le plus conservateur dans le monde musulman et qui fait tant d’efforts  pour exporter son idéologie wahabite orthodoxe dans le monde arabe et musulman, est accourue avec les autres pays du Conseil de Coopération du Golf dès les premières manifestations, à la rescousse du régime bahreïni réputé être très libéral en matière de moralité religieuse (vente d’alcool libre, prostitution tolérée…) ! L’invasion du Bahreïn que le roi d’Arabie Saoudite avait organisée et exécutée au moyen d’un corps expéditionnaire du CCG de près de 30 milles soldats, visait à éviter dès les premiers instants du déclanchement de la révolution, que la famille régnante, ne soit tentée par un arrangement conduisant à des réformes démocratiques dans le pays. Car de telles réformes auraient pu être contagieuses puisqu’elles auraient inévitablement influencé la minorité chiite en Arabie Saoudite et aurait menacé la légitimité- même de la famille des Al Saoud.

Dès lors, les événements à Bahreïn s’étaient présentées aux saoudiens comme un très grand défi pour leur stabilité et pour celle de leurs alliés au sein du CCG qui a toujours pris les éléments qui suivent comme étant incontournables :

– l’Arabie Saoudite est en droit de considérer Bahreïn comme la «zone de ses intérêts vitaux»;

– l’exemple du Bahreïn peut être contagieux pour le Koweït, le Qatar, et le Sultanat d’Oman qui comprennent aussi des minorités chiites (30% de la population);

– l’Arabie Saoudite craint qu’un changement démocratique au Bahreïn n`influence aussi les communautés autochtones des chiites, qui habitent dans les riches provinces pétrolières à l`Est de son territoire relié de surcroît au Bahreïn par un pont de 25 kilomètres.

Récemment, le roi saoudien a déclaré qu’il allait couper les mains de quiconque oserait changer le statu quo existant dans le Golfe persique. Par conséquent, la mise en place des forces de la coalition au Bahreïn et la répression brutale de l’opposition qui s’en était suivie, prouvent que les responsables saoudiens ne sont nullement prêts à lâcher du leste dans cette affaire.

Porte-avions américain Nimitz ayant pour port d'attache le port de la base américaine au Bahreïn, le plus grand port militaire de la région
Porte-avions américain Nimitz ayant pour port d’attache le port de la base américaine au Bahreïn, le plus grand port militaire de la région

Quelle est la position américaine à l’égard des événements récurrents de Bahreïn ?

Durant toute la crise au Bahreïn, les États-Unis se sont montrés très discrets sur les événements dramatiques qui se sont produits dans ce pays en raison de la répression féroce qui s’abattait quotidiennement durant presque deux ans sur des manifestants pacifiques. Il serait fallacieux de nier qu’ils n’observaient pas la situation avec l’attention requise dans pareil cas. Et il serait incrédule celui qui prétendrait qu’ils ne voyaient pas d’un bon œil l’intervention militaire musclée de l’Arabie Saoudite et de ses alliés dans l’île. Car il ne faut pas oublier qu’il s’agit là d’un pays qui abrite l’une des plus grandes bases navales des USA à l’étranger, celle où accostent plus d’une cinquantaine de gros navires de guerre (dragueurs de mines, groupe aéronaval, groupe amphibie et de divers autres navires) et où siège le commandement central de la cinquième flotte américaine qui emploie plus de 2300 officiers. Cette base couvre à elle seule le Golfe persique, la Mer rouge, la côte de l’Afrique de l’Est et l’Océan Indien. En raison de sa proximité a l`Irak, l’Iran et l’Afghanistan, la cinquième flotte a joué un rôle crucial dans la Guerre contre le terrorisme et a été pour une grande partie responsable de la totale destruction de l’Irak. Elle est aussi chargée  d’assurer la sécurité des tankers pétroliers navigants dans le Golfe. La perte de contrôle sur Bahreïn signifie la perte de contrôle sur le détroit. En outre, Bahreïn est un centre de communications, du transit du matériel militaire en destination deRévolution bahraini2 tous les pays alliés de la région y compris Israël. C’est aussi un point d’écoute électronique et de collecte d’informations et de renseignements pour les États-Unis. C’est dire qu’il s’agit là d’une zone d’intérêt stratégique pour les USA, et qu’il doit faire l’objet d’une attention particulière de la part de ses propriétaires.

Il s’agit aussi pour les USA d’un régime politique allié des occidentaux et extrêmement utile pour les États-Unis  contre l’Iran, comme il l’avait été lors de l’agression contre l’Irak. Dans ce cas,  Washington ne pouvait pas prendre à la légère les événements qui s’y étaient produits.

Si pendant toute la crise, les USA ne se sont guerre prononcés sur le cas de la révolution au Bahreïn, c’est que d’une part parce que ces événements les avaient surpris au départ et d’autre part, ils avaient délégué aux Saoudiens et leurs alliés le soin de rétablir la situation pour qu’ils ne soient pas mêlés à la répression d’une révolution qu’ils savaient légitime alors qu’ils étaient en train d’aider leurs alliés occidentaux à en découdre avec Kadafi leur ennemi juré de tous les temps.

Tout en se présentant comme le promoteur mondial le plus fort de la «  démocratie », les États-Unis continuent en effet, d`assurer leur appui au  présent régime dictatorial et ségrégationniste  du Bahreïn. A présent, Washington est dans une situation délicate concernant son rôle dans ce conflit qui dure encore. Les États-Unis ne trouvent guère l’inspiration dans les protestations du Bahreïn et dans les autres pays arabes du Golf, alors qu’ils suscitent des troubles ailleurs pour s’y inspirer contre certains régimes rien que parce qu’ils sont hostiles à l’Etat sioniste !

En mai 2011 le président Barack Obama a commenté la situation à propos du Bahreïn: « Le Bahreïn est notre partenaire de longue date et nous avons pris des engagements pour sa sécurité. Nous reconnaissons que l’Iran a essayé de tirer parti des troubles là-bas et que le gouvernement bahreïni a un intérêt légitime dans la séparation constitutionnelle de la justice et du pouvoir. Néanmoins, nous avons insisté, à la fois publiquement et en privé, pour dire que les arrestations massives et la force brutale sont contraires aux droits universels des citoyens bahreïnis, et nous continuerons de le faire – et de telles mesures ne créeront pas les raisons légitimes pour faire disparaître la réforme. La seule manière d’avancer est que le gouvernement et l’opposition engagent le dialogue. Et il ne peut y avoir de réel dialogue lorsque des composantes de l’opposition pacifique sont en prison. Le gouvernement doit créer les conditions du dialogue et l’opposition doit participer à l’élaboration d’un avenir juste pour tous les Bahreïnis».

En  réalité, de nombreux facteurs internes qui n’ont aucune relation avec l’Iran, l’Arabie Saoudite ou les États-Unis, avaient joué pour précipiter le pays vers le chaos. Le plus probable, c’est que le Bahreïn aurait pu devenir l’un des exemples les plus réussis en matière de développement “après-pétrole” parmi les pays de la région, si les autorités du Bahreïn avaient été en mesure de trouver un équilibre entre les intérêts de l’Iran et ceux de l’Arabie Saoudite. Comme la majorité des Etats tampons, le royaume du Bahreïn établi sur une toute petite île, ne pouvait plaire à la fois aux deux géants voisins. Mais pour éviter que les choses n’empirent encore trop, il aurait du choisir de négocier une sortie de crise avec l’opposition. Les répercussions d’une telle défaillance, qui amplifient à ce jour la crise dans ce petit pays augurent d’être néfastes pour sa survie et pour sa souveraineté déjà amputée de part et d’autres. Le choix des Al Khalifa et de leurs alliés de maintenir un régime presque similaire à celui de l’Afrique du sud du temps de l’apartheid risque fort bien un jour d’être regretté…

Yana Korobko

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