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Les Etats-Unis subventionnent la Chine, le «plan Marshall-bis inversé»

By   /   26 juin 2012  /   No Comments

Carte de l'Europe indiquant les pays ayant reçu de l'aide dans le cadre du Plan Marshall

 

Par Medjdoub Hamed : chercheur

1. Le plan Marshall, une partie de la solution pour les États-Unis

En 1947, les Américains apportent un plan d’aide à l’Europe, le «plan Marshall» du nom du général Georges C. Marshall. Il eut un impact très positif dans la reconstruction de l’Europe. L’intention qui a guidé le plan est exprimée par Marshall, le secrétaire d’Etat américain : «Notre politique n’est dirigée ni contre un pays ni contre les idées, mais contre la faim, la pauvreté, la résignation et le chaos.»L’intention est certes généreuse, mais pourquoi un décalage de près de deux ans après la fin de la guerre ? Pourquoi l’aide américaine n’a-t-elle pas été immédiate ? Le pouvoir financier américain, fortement ébranlé par la crise de 1929, a-t-il été plus prudent en matière de crédits financiers pour l’Europe ? Les leçons de la crise sont suffisamment révélatrices sur ce qui s’est passé sur les aides et crédits débloqués à l’Europe, après le premier conflit mondial, et les difficultés de remboursement qui ont surgi au début des années 1930, comme le gel des capitaux américains par l’Allemagne, le repli sur soi pour pratiquement tous les pays européens, puis finalement le déclenchement de la guerre en 1939.

Une contrainte cependant pour les Etats-Unis qui fait qu’un repli après 1945 n’est ni favorable ni tenable pour eux, et ce, à plusieurs titres. Tout d’abord, l’effacement des dettes européennes contractées durant la guerre, l’aide qui a suivi, entre 1946 et 1947, qui ont certes permis d’adoucir les pénuries alimentaires et remettre sur pied des services de base ou apporté quelques modestes progrès dans l’activité économique, demeurent très insuffisants. Le formidable potentiel productif américain d’équipements industriels et de produits agricoles qui a suppléé  la destruction d’une grande partie de l’industrie européenne avait besoin obligatoirement de débouchés sur l’étranger. Comme dans les années 1920, il risquait de se créer une situation de déséquilibre entre la forte offre américaine de biens matériels et la demande intérieure. Les Etats-Unis étant le seul pays dont les potentialités industrielles sont excessives par le fait qu’ils ont approvisionné le monde en marchandises de toutes natures (armement, équipements industriels, biens alimentaires, etc.) durant la guerre, et ont été épargnés des destructions de la guerre du fait de l’éloignement de leur territoire des théâtres de guerre. Par conséquent, une prudence excessive en matière d’aides et de crédits entraînerait inéluctablement des effets négatifs sur l’économie américaine.

Les Etats-Unis n’avaient pas d’autre alternative. Soit de réduire leur potentiel productif. Ils auront donc à procéder à un ajustement de leur économie à la demande intérieure puisque l’Europe, par les destructions de la guerre et l’endettement n’est plus solvable. Ce qui risque de se traduire par une grave dépression économique (hausse du chômage, chute de la consommation, baisse du PIB) pour les Etats-Unis et pour le monde. Soit d’outrepasser ces réticences d’insolvabilité de l’Europe et aider financièrement et matériellement l’Europe, d’autant plus que les Etats-Unis doivent tenir compte de la politique idéologique du Kominform (qui a remplacé le Komintern, Internationale communiste) de l’URSS en Europe et dans le monde.

Il y avait donc une nécessité d’anticiper une situation de risque pour l’économie américaine. Précisément, le plan Marshall constituait «une réponse à la fois économique et politique» sur un double plan. Permettre à l’économie européenne de «se reconstruire par l’absorption de produits américains» et éviter un «réajustement douloureux du potentiel productif américain». Le plan Marshall était une aide très généreuse constituée d’un fonds sous forme d’un don de 5/6 et le reste, 1/6, sous forme de prêt (pour ainsi dire symbolique). L’intention très réaliste se comprend dans le plan Marshall des Etats-Unis, qui répondait à l’Europe et à l’économie américaine. L’Europe devenait ainsi une «locomotive» par ses importations pour l’économie américaine. En plus, le plan Marshall contribuait dans la demande de dollars en Europe et dans le monde, propulsant le dollar comme la première monnaie de compte et de réserve du monde. La hausse du stock d’or américain passait de 2/3 aux 3/4 des réserves mondiales, en 1949. Cette aide, vu le caractère instable d’une Europe d’après-guerre, a été très bien perçue par les masses populaires en Europe. Elle est venue conforter le prestige dont jouissait la superpuissance dans le rôle capital qu’elle a eu dans la «libération de l’Europe» de l’occupation nazie. Ainsi se comprend la place du plan Marshall dans la stabilisation de l’économie américaine, et évidemment sur l’économie mondiale.

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