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Les l茅gislatives confirment l’Alg茅rie comme exception du Printemps arabe

By   /   15 mai 2012  /   No Comments

Alors que les islamistes mod茅r茅s de Tunisie, du Maroc et d’脡gypte ont eu des gains 茅lectoraux majeurs, ils ont enregistr茅 un flop en Alg茅rie.

Le vent du changement du Printemps arabe n’a fait que passer au-dessus de l’Alg茅rie, dont le r茅gime, solidement implant茅 depuis l’ind茅pendance, tire sa sp茅cificit茅 de deux conflits brutaux et de son exp茅rience pass茅e de l’islamisme, selon les analystes. Les r茅sultats des premi猫res 茅lections organis茅es en Alg茅rie jeudi depuis les r茅volutions arabes, et tout d’abord dans la Tunisie voisine, s’茅cartent de cette tendance et pr茅servent le statu quo.

Ce qu’il ressort des l茅gislatives, 芦聽c’est cette exception alg茅rienne qui n’a rien 脿 voir avec les lectures et les sp茅culations relatives au monde arabe et les r茅volutions qui ont travers茅 ces pays聽禄, souligne samedi l’茅ditorialiste du quotidien priv茅 francophone Libert茅.

Alors que les islamistes mod茅r茅s de Tunisie, du Maroc et d’脡gypte ont eu des gains 茅lectoraux majeurs avec le Printemps arabe, les partis islamistes alg茅riens ont enregistr茅 un flop avec 59 茅lus sur 462. 芦聽Ce qui s’est pass茅 dans le Printemps arabe a influenc茅 les Alg茅riens, mais pas forc茅ment comme le monde ext茅rieur l’entendait聽禄, souligne le politologue Noureddine Hakiki. 芦聽En 脡gypte, en Libye (…), il y a eu le changement, mais il y a eu la r茅gression, il y a le d茅sordre. L’Alg茅rien ne cherche pas l’ins茅curit茅, il cherche la stabilit茅聽禄, explique-t-il.

Cinq jours d’茅meutes en 2011

Apr猫s l’introduction du multipartisme en 1989 en Alg茅rie, le Front islamique de salut (FIS) a failli 锚tre le grand vainqueur des l茅gislatives deux ans plus tard. Mais l’arm茅e avait interrompu le processus et une guerre civile de plus de dix ans avec des groupes extr茅mistes – al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi) en est une 茅manation – avait fait 200 000 morts. 芦聽On a eu notre islamisme, on ne peut pas oublier cette p茅riode. Chacun a 茅t茅 touch茅 dans sa chair par la guerre, c’est une parenth猫se que cette g茅n茅ration ne veut pas rouvrir聽禄, explique Noureddine Hakiki. 芦聽Il y a une incertitude sur l’avenir des r茅volutions arabes, les Alg茅riens ne veulent pas entrer dans une aventure聽禄, ass猫ne-t-il encore.

L’Alg茅rie a aussi v茅cu une guerre d’ind茅pendance sanglante de sept ans contre la France, devenant le seul pays d’Afrique francophone 脿 avoir conquis, en 1962, sa libert茅 par les armes avec un bilan 茅valu茅 c么t茅 alg茅rien 脿 1,5 million de victimes. Son r茅gime, avec 脿 sa t锚te depuis 1999 le pr茅sident Abdelaziz Bouteflika et un appareil s茅curitaire solide, a pris son temps pour se maintenir. Les 茅meutes d茅but janvier 2011, en pleine r茅volution tunisienne, n’ont dur茅 que cinq jours, malgr茅 de longues gr猫ves et manifestations sociales. Bouteflika y a r茅pondu avec des augmentations salariales et des r茅formes.

Les islamistes du Mouvement pour la soci茅t茅 et la paix (MSP), proches des Fr猫res musulmans, 茅taient d茅j脿 au pouvoir au sein de l’alliance pr茅sidentielle dirig茅e par l’historique Front de lib茅ration nationale (FLN). Mais ils l’ont quitt茅e pour en cr茅er une autre, avec deux formations islamistes, qui ne leur a pas permis de retrouver leur l茅gitimit茅. 芦聽Les islamistes se trompent lourdement. Parce que le MSP a 茅t茅 dans tous les gouvernements de ces derni猫res ann茅es et les gens ne lui font pas confiance聽禄, rel猫ve le politologue alg茅rien, Zouheir Hamedi, bas茅 脿 Qatar. 芦聽Si les Fr猫res musulmans ont eu le score qu’ils ont eu en 脡gypte, c’est parce qu’ils ont connu la prison pendant plus de 30 ans. Ici, ce ne sont pas des islamistes du changement聽禄, juge cet universitaire.

Un gage de stabilit茅

Pour nombre d’analystes, le FLN, au pouvoir depuis l’ind茅pendance, pourrait renouer avec eux, bien qu’il ait remport茅 la majorit茅 absolue 脿 l’assembl茅e avec son alli茅 du Rassemblement national d茅mocratique (RND) dirig茅 par le Premier ministre Ahmed Ouyahia. Pour nombre d’Alg茅riens, le FLN reste une garantie de stabilit茅.

Antoine Basbous, directeur de l’Observatoire des pays arabes 脿 Paris, estime que l’Occident cherche aussi la stabilit茅 de ce pays qui fournit 脿 l’Europe un cinqui猫me de ses besoins en gaz. L脿 o霉 il y a eu le Printemps arabe, il y a des inqui茅tudes fond茅es, rel猫ve-t-il. J’ai l’impression qu’il y a une volont茅 de prot茅ger ce r茅gime.聽禄 Il en veut pour indice les commentaires positifs des 500 observateurs 茅trangers, dont environ 150 de l’Union europ茅enne, sur le scrutin alg茅rien malgr茅 de multiples soup莽ons de fraudes. Qualifiant le pays de 芦聽pi猫ce ma卯tresse dans l’enjeu du Sahel聽禄, Antoine Basbous est certain que l’on 芦聽ne va pas d茅stabiliser l’Alg茅rie au moment聽禄 o霉 on attend d’elle un r么le d茅terminant 芦聽dans sa zone d’influence聽禄.

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