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Derri猫re le soleil de Mawazine

By   /   14 juin 2013  /   No Comments

Par Yasmine NACIRI

Pr猫s de cent mille personnes 茅taient au rendez-vous ce soir l脿. Une assembl茅e grouillante, des bruns, des poitrines, des adolescents acn茅iques, envahissaient peu 脿 peu la sc猫ne de l’OLM 脿 Rabat, d茅bordant au loin sous l’obscurit茅 funeste du cr茅puscule VIP. Une foule de visages rayonnants, des yeux 茅tincelants, des bouches b茅antes, des montres 茅tincelantes , des portables on茅reux, des corps all茅chants, tout un rut de proies, anim茅s par l’envie de voir une certaine Jessie J. Un peu plus bas, 脿 grands pas, poussaient les 聽禄 Ninjas de la nuit 芦聽, le flot des t锚tes, abreuv茅 d’ombre, l’air profond茅ment abattu. Des traits, des cicatrices, 茅trip茅s par la zelta rouge, prospectant des honoraires, au milieu d’un concert, o霉 se hissait hardiment l’odeur du dirham. Jessie J ! Jessie Doudia ! N’importe, les seuls r茅jouissances, c’茅tait de se so没ler les neurones, et de p茅trir des mamelons, encore l’alcool vous enflait trop le ventre, et les mamelons, plus tard retombaient.

Seuls, les 茅trangers, et les hommes 脿 lunettes, craquaient sous son talent, tandis que les Ninjas des t茅n猫bres, debout dans leur virulence, avec les d茅licates armes de leurs poches, cousues au fil blanc, chevillaient d’un air violent les 锚tres mis茅rables qui croisaient leurs regards. Une centaine de ces Samurai attendaient au tournant, dans l’air frais du d茅clin, o霉 des ar么mes de pastilles au karkobi remontaient du sol; le d茅but du show pour assaillir leurs proies. Et la voix suave d’une femme, v锚tue d’une culotte blanche, baignait cette houle de sa douce harmonie. Par ses tonalit茅s d’op茅ra, sous les aurores phosphorescents, Jessie J, effleurait les 茅toiles en psalmodiant sensuellement, ainsi qu’une Diva italienne. Au travers de ce corps nu, mes camarades s’茅tonnaient 脿 chaque refrain par une petite gorg茅e de mahia, de l’air stupide d’une oie blanche qui ne voit plus sa cage. L’茅clat de cette androgyne au dehors, blanche et ras茅e, malgr茅 la nuit tomb茅e, demeurait si blanc, qu’il illuminait promptement la sc猫ne, et nourrissait les fantasmes tordus. Mes camarades ne sentaient plus le froid cailler leurs entrailles, ses ardentes paroles, et sa culotte les avaient chauff茅s aux intestins. Une fr茅n茅sie non religieuse les soulevait de terre, la fi猫vre de la voir se d茅hancher sous les rayons de lumi猫res, qui divisaient en arr锚tes 芒pres la houle des t锚tes, enfi茅vrant leurs chaleurs, par 茅clats brusques.

On venait de fermer toutes les barri猫res, et les centaines de policiers, l’arme au pied, bouchaient la seule entr茅e demeur茅e libre, celle qui conduisait aux

Derri猫re le soleil

Derri猫re le soleil

coulisses, par un petit passage 茅troit. D’ailleurs, mes camarades ninjas ne bougeaient plus. Pench茅s, d’un air morne, ils se contentaient de projeter un regard 芒cre aux nouveaux venus, puis, d茅courag茅s et sans col猫re, ils se remettaient 脿 fixer 茅nerg茅tiquement l’espace VIP, leur rasoirs 脿 la main, frissonnant sous le mince voile de leur shorts, d’avoir des concurrents. D’abord, la bande de Ali baba, une quarantaine au plus, descendue de la plage de Skhirat, se tint 脿 distance, ils s’茅chauffaient en injures virulentes et d茅chain茅es, et r茅p茅taient d’une voix f茅brile 聽禄 fin homa drryat, femen, finhoma lbzazel聽禄. Ils 茅prouvaient cette exaltation rude, ce traumatisme du d茅tenu sorti de prison, affin茅 par les r茅seaux sociaux, bouffi par les graines de fenugrec beldi. Le spectacle de ce Strip-tease les passionnaient 脿 un tel point, qu’ils cherchaient des femmes, pour leur t芒ter les fesses, et leur palper la poitrine. Pr猫s d’eux, un jeune hommes, le teint nerveusement p芒le, avait cri茅, quand il avait vu sa copine hal茅e comme une vache par des matelots. Un autre, un homme d’affaire sans doute, sentant encore le silicium, devenait tr猫s rouge, chaque fois qu’il se faisait basculer par les ninjas. Les violences ne cessaient pas. Les poings ferr茅s, les mots d茅go没tants, des vol茅es d’accusations et de menaces souffletaient au visage de tout le monde. Une collision semblait fatale, lorsqu’on vit sortir, derri猫re la masse, un gar莽on, avec sa petite t锚te de bon 茅l猫ve, boulevers茅 d’茅motions de s’锚tre fait vol茅 son amie, et son Smartphone. Et, soudain, au milieu de cette fontaine bleue, on aper莽没t un autre ninja, les poings en l’air, brandissant lui aussi des cailloux, les propulsant de toute ses forces sur un vendeur d’alcool, qui se querellait avec un client samurai, parce qu’il refusait de lui rendre la monnaie.

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