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Maroc : la crise Istiqlal/Pjd, un cas d’茅cole politique

By   /   23 mai 2013  /   No Comments

Le CoLonel de Gendarmerie Mohamed MALLOUKI

Le CoLonel en retraite Mohamed MALLOUKI

Par Mohamed MELLOUKI

V茅ritable th猫me de dissertation politique, la crise actuelle entre l鈥橧stiqlal et le PJD, qui n鈥檃 pas encore 茅t茅 analys茅e sous l鈥檃ngle appropri茅, a donn茅, par contre, lieu 脿 un assourdissant concert de pronostics sur ce qui en adviendrait. Tous les intervenants ont pris fait et cause pour une partie ou l鈥檃utre, 脿 l鈥檌nstar des potaches de Terminale, qui par insuffisance de sens analytique ne transcendent pas toujours le contenu litt茅ral du sujet expos茅, et optent subjectivement d鈥檈mbl茅e pour la th猫se ou l鈥檃ntith猫se.

Dans le contexte concern茅, le sch茅ma de r茅solution qui sera adopt茅 脿 terme du conflit importe moins que la nature de celui-ci ; c鈥檈st cette derni猫re qui a conduit 脿 l鈥櫭ヽlatement de l鈥檃ffaire. Presque tous parlent d茅j脿 de crise politique ou gouvernementale. Ce n鈥檈st, en fait, ni l鈥檜ne- parce que le volet id茅ologique en est absent- ni l鈥檃utre- parce que le pays n鈥檈st pas ingouvernable-. 脌 l鈥檋eure actuelle, il ne s鈥檃git encore que d鈥檜n grincement de clivage strictement partisan qui charrie, il est vrai, une volont茅 manifeste de l鈥橧stiqlal d鈥檈n d茅coudre avec la situation malais茅e dans laquelle il se trouve. Parce qu鈥檃u-del脿 de la contestation par ce dernier de sa repr茅sentation num茅rique dans le gouvernement, de la divergence sur quelques points du programme gouvernemental et de la propension de Mr Benkirane 脿 une gouvernance personnelle, le v茅ritable enjeu de la m茅sentente entre les deux formations couve ailleurs : dans la sourde ranc艙ur, pour cause de leadership, que rumine un parti qui s鈥檈norgueillit de son pass茅 historique, se consid猫re toujours majoritaire dans la m茅moire populaire, et n鈥檌ng猫re, donc, pas d鈥檃voir 茅t茅 coiff茅 au poteau par une formation somme toute r茅cente qui lui a ravi la pr茅dominance 茅lectorale.

Jusqu鈥櫭 r茅cemment, Mr Benkirane passait chez le citoyen lambda pour l鈥檋omme du changement. Il avait su savamment projet茅 de lui l鈥檌mage d鈥檜n honn锚te homme,

Benkirane et Chabat sur le ring

Benkirane et Chabat sur le ring

modeste, s茅rieux, laborieux et plus est sympathique ; des qualit茅s qui manquent le plus 脿 ses adversaires, qui peuvent constituer une aura pour quelques temps mais n鈥檌nterc猫dent pas longtemps au niveau d鈥檜n chef de gouvernement. Son talon d鈥橝chille 茅tait apparu d猫s la constitution de son cabinet. Celui-ci, mont茅 sur un bricolage partisan, branlant, 茅tait destin茅, in茅vitablement, 脿 craquer 脿 br猫ve 茅ch茅ance. Sa plateforme politique s鈥檈st r茅v茅l茅e un simple programme de services 脿 l鈥檌nstar des gouvernements ant茅rieurs, quelque peu recycl茅 seulement sous un nouvel emballage. Son incapacit茅 脿 tenir ses promesses sur l鈥櫭﹔adication de la d茅pravation, la moralisation de la vie publique, la r茅duction des conflits sociaux, du d茅ficit budg茅taire et de l鈥檈ndettement, et sur l鈥檃m茅lioration du taux de croissance, a progressivement d茅莽u une bonne partie des voix qui l鈥檃vaient soutenu, faute de mieux, et 茅rod茅 son image d鈥橢pinal du d茅but de mandat. Beaucoup lui pr茅disent une d茅culott茅e 茅lectorale aux prochaines l茅gislatives. Son 茅chec entra卯nera forc茅ment dans son sillage un Istiqlal qui lui aura apport茅 jusqu鈥櫭 la fin sa caution. C鈥檈st cette crainte, aux incidences d茅sastreuses pour son parti, qui a motiv茅 Mr Chabat. C鈥檈st le risque d鈥檜ne d茅rive d茅j脿 suffisamment amorc茅e qu鈥檌l veut enrayer, parce que conscient que son parti n鈥檃pparaissant pas autrement que tract茅 par le PJD, ne pourra plus rebondir, comme il l鈥檈sp猫re, dans l鈥櫭﹍ectorat s鈥檌l ne se lib茅rait pas 脿 temps d鈥檜n gouvernement dont il aura des difficult茅s 脿 d茅nigrer, par la suite, une gestion calamiteuse 脿 laquelle il aura largement contribu茅 durant cinq ans de gouvernance. D鈥檃utant qu鈥檌l n鈥檃vait cess茅 de claironner son hostilit茅 personnelle 脿 l鈥櫭ゞard du PJD et sa r茅serve quant 脿 la participation de son parti au gouvernement, bien avant qu鈥檌l n鈥檈n d茅croche la direction. De son c么t茅, Mr Benkirane savait bien que Mr Chabat, devenu patron de l鈥橧stiqlal, ne sera pas un interlocuteur commode, ne s鈥檃ccommodera pas d鈥檜n r么le de 2猫me violon et sera tent茅 de lui ravir la vedette pour deux autres raisons subjectives en plus de celles 茅voqu茅es pr茅c茅demment : au plan de l鈥檈go, les deux hommes ont une forte personnalit茅, sont deux grandes gueules les plus en vue sur l鈥櫭ヽhiquier politique, imbues de leur morgue personnelle- santiha- et ma卯trisent, autant l鈥檜n que l鈥檃utre, parfaitement bien la rh茅torique populiste qui conditionne le plus, chez nous, un 茅lectorat peu politis茅 pour qui l鈥檌mage compte plus que le programme. Ensuite, Mr Chabat, 茅tant arriv茅 脿 la t锚te de sa formation, aid茅 dans son ascension par ses deux casquettes de maire de la ville de FES et de patron de l鈥橴GTM, court, assur茅ment, le risque de les perdre aussi s鈥檌l ne retire pas ses billes avant qu鈥檈lles ne s鈥檜sent davantage ou n鈥檕btient pas gain de cause dans sa revendication, pour redorer le blason de son parti qui ne s鈥檈st pas encore d茅parti de la s茅rie de casseroles qu鈥檌l tra卯ne derri猫re lui depuis l鈥檃ffaire Najat encore pr茅sente dans beaucoup de m茅moires, et qui a d没 fortement peser dans ses deux d茅confitures l茅gislatives pass茅es.

En tout 茅tat de cause, la crise a, apparemment, d茅pass茅 les deux antagonistes et semble s鈥檕rienter vers l鈥檃rbitrage royal, avec la probabilit茅 la plus plausible que cette intervention d茅bouche sur une restructuration de la cohabitation actuelle qui ne pourra se traduire, en l鈥檕ccurrence, que par un changement de chaises musicales au profit de la revendication istiqlalienne,. Quelles qu鈥檈n seront la nature et la dimension, l鈥檕mbre de Mr Chabat ne sera que plus pesante sur un 脡x茅cutif qui ne sera que plus bancal, et de nouveau sujet 脿 茅clatement 脿 court terme. Le contexte ne sera, donc, que davantage d茅favorable 脿 Mr Benkirane qui aura du mal 脿 la fois 脿 restreindre ses ambitions et 脿 ingurgiter pour le restant de son mandat la couleuvre d鈥檜n alli茅 devenu v茅ritable challenger potentiel, plus exigeant que jamais. Quand bien m锚me, la seule formation 鈥 le RNI- en mesure, en termes de si猫ges parlementaires, de lui sauver la mise, accepte de remplacer l鈥橧stiqlal, Mr Benkirane ne sera encore que plus otage de la nouvelle cohabitation. Il sera pris en sandwich entre deux factions du fameux 茅ph茅m猫re G8 qu鈥檌l n鈥檃vait cess茅 de brocarder 脿 un certain moment. Quant 脿 une participation du PAM, ce serait tout simplement hallucinant ; bien que dans la realpotik marocaine plus rien n鈥櫭﹖onne depuis des lustres. Quelle que puisse 锚tre, donc, la solution de rapi茅莽age 脿 laquelle pourrait recourir Mr Benkirane, il sera dans de mauvais draps. Mais, si 脿 quelque chose malheur est bon, la d茅cision de l鈥橧stiqlal constitue, aussi, une sorte de perche de salut pour Mr Benkirane. 脌 la condition qu鈥檌l fasse preuve de bon sens et de courage politiques, en s鈥櫭﹋ectant de sa posture actuelle par le haut, pour aller carr茅ment vers le divorce : les 茅lections l茅gislatives anticip茅es. Il aura plus de chances de stopper 脿 moindre frais le fl茅trissement de sa propre image et de celle de son parti, en exploitant, une fois de plus, la cr茅dulit茅 de la frange qui le prend encore pour le Messie, pour faire endosser son 茅chec 脿 son alli茅 istiqlalien. Il pourra toujours dire que les Tamassih et Aafarit qu鈥檌l croyait tapis sur sa gauche l鈥櫭﹖aient aussi sur sa droite.

Mohamed Mellouki

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  • Published: 9 ans ago on 23 mai 2013
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  • Last Modified: mai 23, 2013 @ 4:04
  • Filed Under: Actualit茅s, Maghreb

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