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Maghreb : selon nombre d’experts, la d茅sunion est source de grandes pertes 茅conomiques et sociales

By   /   13 f茅vrier 2013  /   No Comments

 

UMA2Par Chahid BENDRISS

En visite聽 le 8 et le 9 janvier 2013 脿 Nouakchott o霉 se sont d茅roul茅s les travaux de la cinqui猫me Conf茅rence R茅gionale du Maghreb, Christine Lagarde, la Directrice G茅n茅rale du FM a annonc茅 que le Maghreb est l’une des deux zones 茅conomiquement les moins int茅gr茅es d’Afrique.

Ces travaux auront au moins d茅bouch茅 sur une d茅cision importante. Les gouverneurs des banques centrales des cinq pays de l’Union du Maghreb arabe (UMA), de hauts cadres des minist猫res des Finances ou de l’脡conomie de ces 脡tats et des repr茅sentants du Fonds mon茅taire international (FMI) 茅taient r茅unis pour d茅battre de la relance du processus d’int茅gration 茅conomique de la r茅gion demeurant au point mort depuis 2008. Ils ont d茅cid茅 de d茅bloquer le capital (100 millions de dollars, soit 75 millions d’euros) de la Banque maghr茅bine de l’investissement et du commerce ext茅rieur (BMICE) et de cr茅er un comit茅 de suivi. Tous deux devraient 锚tre op茅rationnels avant la fin du premier trimestre de cette ann茅e.

Ces structures ne seront pas de trop, tant l’int茅gration 茅conomique de la zone est faible : le Maghreb, un march茅 potentiel de 90 millions de personnes, est en effet la r茅gion la moins int茅gr茅e d’Afrique et l’une des moins int茅gr茅es au monde, avec seulement 3 % d’茅changes formels intrazone, contre 24 % pour l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est. Pis, les investissements directs 茅trangers (IDE) intramaghr茅bins ne repr茅sentent que 0,8 % du total des IDE de la r茅gion.

Cons茅quence : m锚me si certaines initiatives ont le m茅rite d’exister – l’Union maghr茅bine des employeurs, l’Union maghr茅bine des paysans, ou encore l’Union des banques maghr茅bines -, la zone d茅pend 茅norm茅ment de l’Europe. Ainsi, entre 2005 et 2011, 80 % des IDE au Maroc et 60 % de ceux r茅alis茅s en Tunisie provenaient du Vieux Continent. 芦 La crise de l’Union europ茅enne, premier investisseur de la zone, impacte l’UMA 禄, a d茅plor茅 le Tunisien Habib Ben Yahia, secr茅taire g茅n茅ral de l’Union. Et d’ajouter : 芦 Cela nous oblige 脿 am茅liorer les conditions d’investissements pour en attirer davantage et favoriser le commerce.

La cr茅ation d’un espace maghr茅bin uni rev锚t une importance consid茅rable pour r茅soudre les probl猫mes du ch么mage et de la faiblesse des 茅changes. 禄 Amor Tahari, consultant international et ancien directeur adjoint au sein du FMI, pr茅cise : 芦 D’un point de vue 茅conomique, l’int茅gration est une n茅cessit茅 pour soutenir la croissance. Pour faire baisser le fort taux de ch么mage, notamment chez les jeunes dipl么m茅s, il faudrait cr茅er plus de 600 000 emplois par an dans la r茅gion. Aucun pays ne peut y parvenir seul. 禄

Le manque d’int茅gration du Maghreb co没te tr猫s cher, selon les 茅conomistes. La perte de croissance annuelle de chaque pays est 茅valu茅e 脿 2 points. 芦 Toute la r茅gion serait gagnante si elle s’ouvrait davantage 脿 elle-m锚me, en d茅mantelant les obstacles au commerce et en ouvrant largement la porte aux gains r茅ciproques 禄, a d茅clar茅 Christine Lagarde, directrice g茅n茅rale du FMI, le 9 janvier dernier. Pour ce faire, le Fonds recommande la mise en place de r猫gles communes, transparentes et incitatives, 脿 travers un code commun de l’investissement. L’am茅lioration des infrastructures, de l’茅ducation et de la justice doit aussi 锚tre une priorit茅.

Ce manque de coh茅sion 茅conomique au sein de l’UMA p猫se 茅galement sur le secteur priv茅 et bloque 脿 plus d’un titre l’茅mergence de champions r茅gionaux. Num茅ro un au Maroc, Attijariwafa Bank a men茅 sa croissance internationale en Tunisie, en Mauritanie et au sud du Sahara, mais attend depuis plusieurs ann茅es une r茅ponse 脿 sa demande d’agr茅ment aupr猫s de la Banque centrale d’Alg茅rie. Pour Hichem Elloumi, pr茅sident de la commission 茅conomique de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), et PDG de Coficab, 芦 m锚me si le Maghreb est la r茅gion du monde qui concentre le plus d’entreprises tunisiennes, il y a trop de freins en mati猫re de financement et d’investissement 脿 l’internationalisation des entreprises locales 禄. Il esp猫re que 芦 le code de l’investissement [tunisien], en cours d’茅laboration, sera plus favorable 禄.

De son c么t茅, Slim Othmani, pr茅sident du conseil d’administration du groupe alg茅rien NCA Rouiba et vice-pr茅sident du Cercle d’action et de r茅flexion autour de l’entreprise, souligne : 芦 Les blocages financiers entre nos pays [au sein du Maghreb, NDLR] sont le plus probl茅matiques. Acc茅l茅rer la mobilit茅 des capitaux et promouvoir les investissements crois茅s seraient de bonnes choses. 禄

Les autorit茅s ont beaucoup 脿 faire pour encourager des investissements priv茅s trop souvent inhib茅s par ceux du public et par des r茅glementations restrictives. Ainsi, en raison du contr么le des changes impos茅 par l’administration, les entreprises alg茅riennes ne peuvent pas investir dans des lignes de production 脿 l’茅tranger. Quant aux soci茅t茅s tunisiennes exportatrices, elles sont limit茅es 脿 3 millions de dinars par an (1,44 million d’euros), ce qui oblige certaines d’entre elles 脿 contourner la l茅gislation en passant par plusieurs filiales. Pour les soci茅t茅s non exportatrices, le plafond annuel d’investissements 脿 l’茅tranger est plus r茅duit encore, 脿 0,5 million de dinars.

Cliquez sur l’image.Au Maroc, les difficult茅s pour s’implanter en Afrique, et donc au Maghreb, sont certes un peu moins grandes, mais elles existent. Les compagnies du royaume peuvent investir dans la zone sans autorisation pr茅alable jusqu’脿 100 millions de dirhams par an (8,8 millions d’euros). 芦 La r茅gion doit encore supprimer les obstacles qui emp锚chent toujours le secteur priv茅 de se d茅velopper davantage, d’investir beaucoup plus, d’innover et de cr茅er plus d’emplois 禄, insiste Christine Lagarde. Selon le consultant Amor Tahari : 芦 Le secteur priv茅 maghr茅bin doit jouer un r么le plus important en 茅tablissant notamment des projets communs. 禄

Parmi les pistes envisag茅es, le d茅veloppement de partenariats inter颅entreprises dans des domaines sp茅cifiques tels que l’environnement. 芦 Nous devons 茅viter les sujets f芒cheux et nous concentrer sur des actions simples, qui font consensus. Une coop茅ration soutenue dans le d茅veloppement durable pourrait 锚tre un v茅ritable catalyseur de l’int茅gration maghr茅bine 禄, estime Slim Othmani. Le FMI cite 茅galement des synergies possibles dans l’agroalimentaire, secteur dans lequel l’Alg茅rie, la Libye et la Mauritanie pr茅sentent des faiblesses par rapport au Maroc et 脿 la Tunisie. Des conglom茅rats r茅gionaux pourraient jouer le r么le de locomotive pour les autres entreprises maghr茅bines dans la r茅gion et m锚me en Afrique subsaharienne.

Restent les blocages politiques, qui perdurent. Depuis 1994, la fronti猫re entre l’Alg茅rie et le Maroc est ferm茅e. 芦 Entre ces deux pays, les relations commerciales sont insuffisantes, et cela freine la croissance. L’absence de liaisons directes et de plateformes logistiques rend les 茅changes plus co没teux 禄, avance Hakim Marrakchi, membre du conseil d’administration de la Conf茅d茅ration g茅n茅rale des entreprises du Maroc.

La fermeture momentan茅e de la fronti猫re entre la Libye et la Tunisie a bloqu茅 tous les 茅changes bilat茅raux. Un visa est n茅cessaire pour circuler entre le Maroc et la Mauritanie…

Dans la r茅gion, il n’y a gu猫re que les contrebandiers qui passent ais茅ment d’un pays 脿 l’autre.

Chahid Bendriss

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