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Un journaliste acquis aux th猫ses sionistes questionne Jacob Cohen 脿 propos des sayanim

By   /   10 d茅cembre 2012  /   No Comments

 

芦聽Jacob Cohen versus MOSSAD聽禄

Interview r茅alis茅e par Jean-Marc DESANTI

芦 Le sens d鈥檜ne question, c鈥檈st la m茅thode pour y r茅pondre. Dis-moi comment tu cherches et je te dirai ce que tu cherches 禄 ( Ludwig Wittgenstein )

Le soleil est br没lant ce jour 脿 Paris et c鈥檈st rare en cet 茅t茅 2011. Je suis 脿 la sortie de la station de m茅tro Saint-Paul, 脿 c么t茅 d鈥檜n man猫ge 脿 chevaux de bois. J鈥檃i rendez-vous avec l鈥檜niversitaire et 茅crivain Jacob Cohen pour l鈥檌nterviewer sur son dernier ouvrage : 芦 Le printemps des Sayanim 禄 .

Nous ne nous connaissons pas. Soudain, j鈥檈ntends prononcer mon pr茅nom avec cet accent qui m鈥檈st si familier, rappelant 脿 chacun les couleurs et les parfums du nord de l鈥橝frique.

Instinctivement, nous nous sourions et notre poign茅e de main est moins un signe de politesse que la marque consciente d鈥檜ne fraternit茅 programm茅e.

Et pourtant. Tout nous s茅pare, son antisionisme qui provoque en r茅action un flots d鈥檌nsultes dont la cocasse qualification d鈥檃ntis茅mite et mon sionisme militant qui me pousse, parfois, 脿 porter l鈥檜niforme de Tsahal me gratifiant de ce fait du qualificatif de nazi. Ce 芦 Reductio ad Hitlerum 禄 nous met, paradoxalement, imm茅diatement en confiance et le tutoiement s鈥檌mpose en quelques secondes comme une 茅vidence contre la sottise humaine et son go没t prononc茅 pour remplacer l鈥櫭ヽhange d鈥檌d茅es par la calomnie, l鈥檌nvective ou l鈥檕ffense.

Alors, nous allons d茅ambuler, d鈥檜ne terrasse 脿 l鈥檃utre, dans le quartier du Marais, nous menant, durant huit heures de la rue Caron 脿 la place des Vosges en sachant d茅j脿 que nous ne trancherons pas le n艙ud gordien Jud茅o-Isra茅lo-Palestinien.

Nous aurons, au moins, 芦 surmont茅 禄 ( en h茅breu Itgaber, 芦 il triomphera de soi 禄, en r茅f茅rence 脿 notre grand ma卯tre commun Yeshayahou Leibowitz ) , la dialectique des deux haines, celle des deux m茅pris dont Edgar Morin 茅crit :芦 C鈥檈st le m茅pris du dominant isra茅lien sur l鈥檃rabe colonis茅, mais aussi le nouveau m茅pris antijuif nourri de tous les ingr茅dients de l鈥檃ntis茅mitisme europ茅en classique auquel s鈥檃joute celui d鈥檜ne partie de la jeunesse d鈥檕rigine maghr茅bine 禄.

Nous quittant 脿 regret, peut-锚tre avons-nous partag茅 la lumi猫re aveuglante et d茅sesp茅rante, enfouie pudiquement dans nos c艙urs, qui nous fait percevoir l鈥檃bsurdit茅 de cette situation provoqu茅e par le traumatisme de la chute de l鈥檋umanisme 脿 la sortie de la seconde guerre mondiale.

Alors chemineront encore longtemps dans nos t锚tes les paroles de Robert Charlebois : 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽 聽聽

jacob-cohen l’茅crivain marocain pers茅cut茅 par le MOSSAD


芦 Dans la grand鈥 cha卯ne de la vie

Pour qu鈥檌l y ait un meilleur temps

Il faut toujours quelques perdants

De la sagesse ici-bas c鈥檈st le prix

Quand les hommes vivront d鈥檃mour

Il n鈥檡 aura plus de mis猫re

Les soldats seront troubadours

Mais nous, nous serons morts mon fr猫re. 禄

Jean-Marc DESANTI : Peux-tu nous rappeler l鈥檃rgument central de ton ouvrage ?

Jacob COHEN : Le Printemps des sayanim tente de donner une id茅e de la p茅n茅tration de ces 芦 informateurs 禄 juifs fran莽ais 鈥 il en existe dans tous les pays o霉 r茅side une communaut茅 juive 鈥 qui, par 芦 patriotisme 禄, collaborent avec le Mossad, et lui apportent leur aide, principalement dans 2 domaines. Celui de la propagande ou de la d茅sinformation. Ou dans le cadre des op茅rations d鈥檈spionnage. Mon livre se concentre sur le premier aspect. Il met en sc猫ne 鈥 c鈥檈st un roman et non un essai 鈥 des personnages connus et que l鈥檕n identifie facilement 鈥 ou moins connus comme certains francs-ma莽ons juifs et sionistes qui ont cr茅茅 une loge 芦 jud茅o-sioniste 禄 au sein du Grand Orient et qui organise par exemple chaque ann茅e des voyages encadr茅s en Isra毛l 鈥 que je suppose 锚tre des sayanim, vu leur implication revendiqu茅e en faveur de la politique d鈥橧sra毛l. Par exemple l鈥檕rganisation d鈥檜n match de football entre jeunes isra茅liens et palestiniens, op茅ration typique de propagande pour faire croire 脿 une paix qui avancerait pendant que la colonisation continue. Les sayanim dans les m茅dias lui donneront une publicit茅 exag茅r茅e. Comme ils ont r茅ussi 脿 faire imposer un certain vocabulaire, 脿 RFI par exemple : Dire J茅rusalem 脿 la place de Tel Aviv ; implantations au lieu de colonies ; barri猫re de s茅curit茅 et non mur de s茅paration. Les sayanim p茅n猫trent tous les secteurs de la soci茅t茅. Aucun ne leur 茅chappe. Exemple de collaboration en mati猫re d鈥檈spionnage. Lorsque l鈥橧rak a envoy茅 des scientifiques en France pour se perfectionner en mati猫re nucl茅aire, le Mossad a trouv茅 un sayan 脿 Saclay qui leur a fourni leur dossier complet.

Jean-Marc DESANTI聽: Ne penses-tu pas que la multiplicit茅 des 芦 services 禄 charg茅s du renseignement au sein d鈥檜n m锚me gouvernement (le Mossad, le Shin Beth, l鈥橝man, le Malmab, le Lakma, le Nativ,) charg茅s du renseignement intra et extra-territorial, provoquent des gaspillages budg茅taires et surtout des pertes d鈥檌nformations ou de recoupements ?

Jacob COHEN : Les pays qui lient leur destin 脿 une politique de puissance, et la taille n鈥檃 rien 脿 voir, r茅f茅rence 脿 Isra毛l, d茅veloppent une multitude de 芦 services 禄 pour couvrir tous les champs possibles d鈥檌nvestigation, recouper les informations, cr茅er de la stimulation. L鈥橝m茅rique actuelle en est l鈥檈xemple parfait, qui ignorerait jusqu鈥櫭 leur nombre et leurs attributions. Ce qui introduit une comp茅tition entre eux, et qui peut avoir des effets n茅fastes. Mais il serait illusoire d鈥檈xiger d鈥檈ux une collaboration totale et sans arri猫re-pens茅es. L鈥檈sprit de corps finit souvent par primer sur les consid茅rations nationales.

Il y a probablement autant d鈥檃vantages, sinon plus, 脿 garder les structures actuelles en Isra毛l qu鈥櫭 vouloir les fondre en 2 ou 3 organismes. Il y a une plus grande efficacit茅 脿 privil茅gier l鈥 芦 humain 禄, au d茅triment de la technologie, et cette efficacit茅 est inversement proportionnelle 脿 la taille de la structure. L鈥櫭﹍茅ment budg茅taire ne serait pas d茅terminant, 脿 cause du nombre d鈥檃gents relativement faible, des priorit茅s nationales, et des aides am茅ricaines. Il se trouve aussi que les chefs des 芦 services 禄, qui d茅pendent directement du premier ministre, se r茅unissent r茅guli猫rement avec lui, ou sont invit茅s 脿 certaines s茅ances du cabinet. On peut donc estimer qu鈥檌ls ne se marchent pas trop sur les pieds.

Jean-Marc DESANTI聽: Il semble indispensable de conserver une certaine s茅paration des 芦 services 禄, dans une d茅mocratie tout au moins, et dans cette optique qui contr么le vraiment les Sayanim ?

Jacob COHEN聽: D鈥檃pr猫s les t茅moignages les plus cr茅dibles, en particulier Victor Ostrovsky et Gordon Thomas 鈥 ce dernier a recueilli les confidences de tous les anciens chefs du Mossad, en particulier celui de Meir Amit, patron du Mossad au d茅but des ann茅es 60 et qui lui avait r茅v茅l茅 explicitement l鈥檌nt茅r锚t de cr茅er et de d茅velopper le corps des sayanim 鈥 c鈥檈st le service secret isra茅lien charg茅 des op茅rations 脿 l鈥檈xt茅rieur qui en a la responsabilit茅. Ce qui est d鈥檃illeurs logique, puisque les sayanim sont par d茅finition des juifs qui r茅sident hors d鈥橧sra毛l. Il semble aussi que les autres 芦 services 禄 s鈥檕ccupent soit des affaires int茅rieures, ou des affaires relevant des Territoires palestiniens, ou des affaires militaires. Il se peut aussi qu鈥檜n service autre que le Mossad cherche 脿 recruter 脿 l鈥櫭﹖ranger un agent pour une mission sp茅cifique et qu鈥檌l s鈥檃gisse d鈥檜n juif. Mais cela n鈥櫭﹒uivaudra jamais 脿 l鈥檌mportance, par le nombre et la qualit茅, aux sayanim. Rappelons que ces derniers se comptent par dizaines de milliers dans le monde. 3000 dans la seule ville de Londres, selon Ostrovsky. Et ce corps rel猫ve exclusivement du Mossad. Qui ne rend compte qu鈥檃u premier ministre ou 脿 la commission de la D茅fense de la Knesset.

Jean-Marc DESANTI: Un agent est efficace dans l鈥檌ncognito. C鈥檈st sa ma卯trise d鈥檜n domaine ou ses contacts qui repr茅sentent un int茅r锚t pour le traitant. Un vrai officier de renseignement est ind茅celable, il semble mener une vie de routine, ennuyeuse et normale. Comment alors pouvoir affirmer telle action, tel chiffre ou telle r茅alit茅 concernant les Sayanim ?

Jacob COHEN : 脡videmment, seul le responsable du Mossad dans un pays conna卯t le chiffre exact des sayanim. Donc les chiffres qui sont avanc茅s, m锚me par les connaisseurs les plus avertis, ne peuvent 锚tre que des estimations. Mais celles-ci n鈥檈n donnent pas moins une image de la r茅alit茅. On peut se tromper sur quelques centaines pour un pays, mais cela ne change rien quant au fond. Certains t茅moignages rapportent des faits 茅tablis, comme l鈥檃ction du sayan 脿 Saclay. Pour 锚tre efficaces, les sayanim doivent 锚tre nombreux pour couvrir tous les secteurs possibles et imaginables, ou mener une action ponctuelle d鈥檈nvergure. Lorsque Mordecha茂 Vanunu 鈥 celui qui a r茅v茅l茅 les secrets nucl茅aires de Dimona 脿 un journal britannique 鈥 a 茅t茅 mis en s茅curit茅 dans un h么tel londonien, le Mossad a mobilis茅 tous ses sayanim de Londres, qui ont quadrill茅 la ville, et appel茅 h么tel par h么tel, avec une description sommaire et un lien familial fallacieux, et il a fini par retrouver sa trace. Comme pour toutes les histoires secr猫tes, l鈥檃ction des sayanim ne sort que par bribes. Ce qui n鈥檈nl猫ve rien 脿 leur r茅alit茅.

Jean-Marc DESANTI聽: D鈥檃pr猫s toi, 锚tre un Sayan lorsqu鈥檕n est fran莽ais d鈥檕rigine, est-ce tromper sa patrie ?

Jacob COHEN聽: Dans un sens, oui. Consid茅rons le probl猫me autrement, car quand il s鈥檃git d鈥橧sra毛l, les rep猫res changent, comme si ce pays devait b茅n茅ficier d鈥檜n traitement 脿 part. Imaginons une grande communaut茅 d鈥橝llemands vivant en France ou aux Etats-Unis, en tant que citoyens de ces pays, et que des milliers d鈥檈ntre eux renseigneraient les services secrets allemands, dans tous les domaines, ou entreprendraient des actions en faveur de leur lointain pays d鈥檕rigine, comment jugerait-on cela ? Un autre 茅l茅ment qu鈥檕n passe sous silence parce qu鈥橧sra毛l aujourd鈥檋ui est l鈥檃lli茅 de la France, et qu鈥櫭猼re sayan para卯t inoffensif. Imaginons qu鈥檕n soit en guerre. Isra毛l demandera aux sayanim fran莽ais d鈥櫭猼re leur cinqui猫me colonne, et un grand nombre d鈥檈ntre eux le feront, parce qu鈥檕n a d茅velopp茅 chez eux un second patriotisme, plus fort que le premier.

Reprenons le cas du sayan 脿 Saclay. Cela aurait pu, ou cela avait pu, nuire aux int茅r锚ts de la France en tant que pays ayant sign茅 par contrat la livraison d鈥檜ne centrale nucl茅aire et la formation de scientifiques, en assurant en principe leur protection. La France aurait quelque part failli, car le Mossad a r茅ussi, gr芒ce 脿 son sayan, 脿 localiser et 脿 assassiner 脿 Paris, un scientifique irakien de haut rang.

Le statut de sayan n鈥檈st pas si anodin.

Jean-Marc DESANTI聽: N鈥檡 a-t-il pas un risque en lisant ton livre de confondre fonction et r茅alit茅, en effet le renseignement est d鈥檃bord un travail de bureau. Plus de 75% des postes sont s茅dentaires dans pratiquement tous les 茅tats (par exemple les 芦 services britanniques qui comptent environ 3000 personnes, avouent moins de 500 personnes sur le terrain.) Ne faudrait-il pas un nombre tr猫s 茅lev茅 de 芦 Katsa 禄 pour traiter le nombre consid茅rable d鈥檃gents potentiels que tu聽聽聽聽 avances ?

Jacob COHEN : Les sayanim ne sont pas des agents secrets qui doivent 锚tre 芦 trait茅s 禄 au jour le jour par des responsables du Mossad. On sort l脿 du fonctionnement habituel du service secret. Si cela avait 茅t茅 le cas, il aurait fallu des dizaines, sinon des centaines, de 芦 katsas 禄 pour les traiter.

Les sayanim m猫nent leur vie habituelle, travail, famille, loisirs. Ils peuvent ne pas 锚tre sollicit茅s pendant des mois. L鈥檌mportant est qu鈥檌ls soient r茅pertori茅s et pr锚ts 脿 agir en cas de n茅cessit茅. Un sayan agent immobilier peut ne pas agir pendant un an. Mais il entrera en action le jour o霉 le Mossad lui demandera de mettre 脿 sa disposition une planque. De m锚me pour un sayan garagiste ou un sayan haut fonctionnaire. De m锚me, un 芦 katsa 禄 peut avoir un relais personnel 鈥 par exemple un homme important dans les m茅dias 鈥 qui relaiera un mot d鈥檕rdre d茅cid茅 par le Mossad, dans sa guerre de d茅sinformation. Par exemple : faire le maximum de buzz autour de Gilad Shalit. Op茅ration remarquable. Qui ignore aujourd鈥檋ui le nom de ce soldat, transform茅 en 芦 otage 禄, alors qu鈥檌l servait une arm茅e d鈥檕ccupation ? Gr芒ce 脿 des relais dans les m茅dias et au sein de la classe politique (gouvernement, partis, parlement鈥), Isra毛l passe pour un pays qui souffre de la d茅tention d鈥檜n 芦 otage 禄 alors qu鈥檌l d茅tient 11 000 prisonniers, dont 95% sont politiques, donc de vrais otages de leur politique d鈥檕ccupation.

Une bonne organisation 鈥 on peut faire confiance au Mossad pour cela 鈥 et une capacit茅 de r茅action rapide, permettent 脿 quelques 芦 katsas 禄 d鈥檈ncadrer des milliers de sayanim et de les faire agir ensemble et dans le 芦 bon sens 禄.

Jean-Marc DESANTI聽: Les 芦 services 禄 isra茅liens sont une administration comme une autre. Il y a des comptables, des secr茅taires, des documentalistes, des logisticiens, des personnes en charge de la gestion du personnel, des sp茅cialistes de l鈥檌nformatique, des t茅l茅communications, des traducteurs, etc鈥 et bien s没r, des sp茅cialistes du renseignement鈥 Ce qui demande d茅j脿 des sommes consid茅rables. M锚me en tenant compte des 芦 fonds secrets 禄 et autres 芦 fondations priv茅es 禄, o霉 trouver l鈥檃rgent simplement pour la logistique entretenant la p茅rennit茅 du 芦 syst猫me Sayanim 禄 ?

Jacob COHEN聽: Les sayanim sont des volontaires. Ils ne co没tent pas un centime au Mossad. Et non seulement c鈥檈st une main-d鈥櫯搖vre gratuite, mais en plus elle contribue financi猫rement, de mani猫re g茅n茅rale 脿 l鈥櫭塼at d鈥橧sra毛l, car c鈥檈st la plus engag茅e id茅ologiquement, en achetant r茅guli猫rement les bons du tr茅sor isra茅liens, en finan莽ant divers organismes sionistes (le KKL pour l鈥檃chat des terres, la WIZO pour le d茅veloppement du syst猫me scolaire en Isra毛l et dans les colonies, etc.) en participant 脿 des soir茅es de soutien (pour Gilad Shalit, pour le corps des garde-fronti猫res, pour les centres de bien-锚tre aux soldats isra茅liens, etc.) en s鈥檈ngageant dans un 茅quivalent du service civil (dans lequel des volontaires juifs de tous 芒ges vont travailler b茅n茅volement dans les bases militaires en payant leur voyage et les frais de dossier) en finan莽ant le Maguen David Adom, les parcs, les for锚ts, les universit茅s (le nom des donateurs est inscrit dans une salle de cours, sur une ambulance, sur un banc public). Bref, les sayanim peuvent 锚tre consid茅r茅s comme l鈥檃ristocratie engag茅e des militants juifs de la diaspora. Si on compte les 500 000 membres du Bna茂 Brit (une esp猫ce de franc-ma莽onnerie juive internationale) et ceux des organisations juives et sionistes nationales (comme le CRIF ou l鈥橴nion des patrons juifs de France, tr猫s actifs et ultra-sionistes, etc.) on peut arriver au chiffre approximatif de 1 million. Le Mossad n鈥檃 besoin que de quelques dizaines de milliers. Des agents pareils, qui se bousculent pour offrir leur aide, qu鈥檕n ne paie pas, mais qui ajoutent leurs propres contributions, quel service secret n鈥檈n r锚verait pas ?

Jean-Marc DESANTI聽: Crois-tu que le Metsada (Komeniute), s鈥檌l trouvait tes 茅crits dangereux ou contenant de v茅ritables informations ou r茅v茅lations te laisserait tranquille ? L鈥橝pam 鈥 Avtahat Paylut Modienit 鈥 (la protection du renseignement) est-elle si d茅fectueuse ?

Jacob COHEN : Tout d鈥檃bord je n鈥檃i pas la pr茅tention de faire des r茅v茅lations fracassantes. Il est vrai que l鈥檈xistence m锚me des sayanim 茅tait pratiquement inconnue en France avant la parution de mon livre. Ce qui me para卯t gratifiant, c鈥檈st que le terme est de plus en plus utilis茅 dans les forums et dans les commentaires politiques, dans un sens proche de la r茅alit茅.

Les livres et les blogs parus en anglais contiennent plus d鈥檌nformations, de r茅v茅lations et de t茅moignages. On peut d鈥檃illeurs se demander quelles forces avaient quasiment r茅duit au silence le terme m锚me de sayanim et ce qu鈥檌l recouvrait.

N鈥櫭﹖ant pas en mesure d鈥檃pporter des r茅v茅lations in茅dites, j鈥檃i plut么t privil茅gi茅 l鈥檃tmosph猫re de collaboration entre le Mossad et ses agents tr猫s sp茅ciaux. Comment le Mossad fait vibrer la fibre 芦 patriotique 禄. L鈥檈nr么lement de francs-ma莽ons juifs et sionistes pour la d茅fense d鈥橧sra毛l. La description (tout 脿 fait personnelle mais que j鈥檈stime proche de la r茅alit茅) des liens quasi incestueux entre SOS Racisme et l鈥橴EJF (Union des 茅tudiants juifs de France) et la soumission de la premi猫re aux organisations et 脿 l鈥檌d茅ologie sionistes.

Mais comme nous vivons dans une d茅mocratie formelle et que les Isra茅liens font de cet id茅al leur pierre angulaire, ils ne peuvent quand m锚me pas abattre tous les opposants, surtout 茅trangers. Mais ils ont d鈥檃utres m茅thodes de pers茅cution. Interdiction d鈥檈ntr茅e en Isra毛l pour des opposants (Chomsky, Finkelstein), proc猫s en sorcellerie pour 芦 antis茅mitisme 禄 visant m锚me des juifs irr茅prochables sur les droits de l鈥檋omme, comme Edgar Morin en France.

Nul doute que les 芦 services 禄 m鈥檕nt rep茅r茅, mais ils se contentent pour le moment de campagnes d鈥檌nsultes sur les sites sionistes (dont la plus cocasse, celle d鈥檃ntis茅mitisme), des tentatives de faire interdire certains de mes liens sur Facebook. Avant de faire intervenir les nervis du Betar ou de la LDJ ?

Jean-Marc DESANTI: On peut risquer une autre hypoth猫se : ton livre n鈥檈st-il pas en r茅alit茅 un superbe objet de d茅sinformation qui d鈥檜ne part servirait le mythe d鈥檜n 芦 Mossad 禄 hyper puissant et d鈥檃utre part te mettrait 脿 l鈥檃bri de tout soup莽on de servir 芦 l鈥橧nstitut 禄 (Ha mossad le modiyn ve le Tafkidim Mayuhadim) ? Tu serais l鈥櫭﹒uivalent des fameux grands espions insoup莽onnables : Blake, Philby, McLean et Burgess.

Jacob COHEN聽: C鈥檈st la question qui tue. La question-pi猫ge par excellence. L鈥檕bsession de l鈥檈spionnite pouss茅e 脿 son paroxysme. La hantise de la manipulation 脿 plusieurs niveaux.

C鈥檈st une question 脿 laquelle aucune r茅ponse n鈥檈st satisfaisante. De quelle mani猫re devrais-je exprimer une d茅n茅gation pour qu鈥檈lle soit cr茅dible ? Et si cela 茅tait vrai, me vois-tu en train de r茅pondre par l鈥檃ffirmative et de te d茅voiler la supercherie ?

Cependant, la question m茅rite d鈥櫭猼re pos茅e. Au moins l鈥檌nterrogation. Dans un milieu o霉 les manipulations sont de mise, il est bon de rester sur ses gardes.

Mais soyons s茅rieux. Si mon livre montre une des facettes qui donne au Mossad une puissance que les autres services secrets n鈥檕nt pas, avec le 芦 bras long qui peut agir partout 禄, il met 脿 jour son mode de fonctionnement particulier, r茅v猫le la place et le r么le de ces agents sp茅ciaux, au point de donner des id茅es 脿 leurs adversaires. Les r茅v茅lations dans ce domaine sont 脿 double-tranchant. Apr猫s tout, les chefs du Mossad ont admis l鈥檈xistence des sayanim devant Gordon Thomas. Mais je ne crois pas que le Mossad, comme les organisations sionistes, aient vu d鈥檜n bon 艙il le d茅voilement de leurs activit茅s en France.

Par ailleurs, m锚me s鈥檌l est flatteur de me voir compar茅 脿 des espions illustres, je dois humblement avouer que ma vie est grandement transparente, peu digne d鈥檌nt茅r锚t en mati猫re d鈥檈spionnage. En d鈥檃utres termes, on ne m鈥檃 jamais soup莽onn茅 de quoi que ce soit, et je n鈥檃i aucune r茅putation 脿 sauvegarder. Il serait absurde de monter une op茅ration aussi bidon pour me disculper aux yeux d鈥檃utrui.

Enfin, ma carri猫re d鈥櫭ヽrivain et de blogueur engag茅s n鈥檃 commenc茅 que depuis peu. 脌 mon 芒ge, je suis perdu pour une nouvelle carri猫re.

Mais je me rends compte que tout ce que je viens de dire peut 锚tre utilis茅 contre moi, et me faire passer pour ce que tu soup莽onnes.

Jean-Marc DESANTI聽: Au final ne confonds-tu pas les Misgarots (groupes juifs d鈥檃utod茅fense en diaspora) et les Sayanim ?

Jacob COHEN: Pas du tout. Les membres des 芦 Misgarots 禄 peuvent 锚tre des sayanim. La r茅ciproque est loin d鈥櫭猼re vraie.

Il faut se rappeler que les sayanim sont des citoyens int茅gr茅s dans toutes les couches de la soci茅t茅, pour pouvoir mener les actions d茅cid茅es par le Mossad. Ce qui inclut aussi des gens respectables et d鈥檜n certain 芒ge, qu鈥檕n voit mal appartenir 脿 des groupes d鈥檃utod茅fense.

J鈥檃i connu ce genre de groupes au Maroc. D猫s les ann茅es 50, le Mossad avait r茅ussi 脿 s鈥檌mplanter dans la plupart des communaut茅s juives. Une de leurs actions consistait 脿 recruter des adolescents dans les mouvements de jeunesse sionistes, 脿 l鈥檌mage de ceux qui existent en Isra毛l (Dror, Bn茅 Aquiva, Hashomer Hatza茂r鈥) dans le but de r茅pandre leur id茅ologie et de les faire partir en Isra毛l ainsi que leurs familles. J鈥檈n avais fait partie pendant 3 / 4 ans. Ayant eu quelques responsabilit茅s dans le mouvement 脿 Mekn猫s, j鈥檃i 茅t茅 amen茅 脿 rencontrer des Isra茅liens 脿 Casablanca, entr茅s sous une fausse identit茅 belge, et agissant dans la clandestinit茅.

Mais il y avait en parall猫le des juifs marocains, qui avaient plus de 20 ans, et qui 茅taient organis茅s en groupe d鈥檃utod茅fense, certainement sous la direction d鈥檃gents du Mossad. 脌 l鈥櫭﹑oque, cela nous paraissait extraordinaire 鈥 j鈥檃vais 16 / 17 ans 鈥 que des coreligionnaires du Mellah (ghetto juif) puissent s鈥檕rganiser de fa莽on quasi militaire et tenir un discours guerrier. Avec le recul, je me suis rendu compte que la communaut茅 juive ne courait aucun danger, et que toute cette mise en sc猫ne n鈥檃vait pour but que de faire croire aux juifs marocains qu鈥檌ls 茅taient menac茅s et que leur salut se trouvait en Isra毛l. Je dois reconna卯tre que cette politique a fait partir des dizaines de milliers de juifs en Isra毛l, de fa莽on irr茅fl茅chie. Ils ont regrett茅 par la suite, mais c鈥櫭﹖ait trop tard.

Alors que les sayanim agissent le plus souvent dans des soci茅t茅s totalement pacifi茅es, pour aider le Mossad, non pas dans une vision d鈥檃utod茅fense, mais pour pratiquer la d茅sinformation ou aider concr猫tement les espions isra茅liens.

Par Jean-Marc Desanti.

 


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