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Maroc : Fath Allah OUALAALOU : qu’inspire – t – il, intérêt ou respect?

Abdelaziz IKKROU

 Par Abdeaziz IKKROU

En politique  être soi en mieux, c’est susciter à la fois l’intérêt sans nuance et le respect sans résistances.
En cela au Maroc, est-il vrais que chez les politiques qui s’essayent toujours d’oublier les passifs de leurs mandats, parfois en se réveillant de leur torpeur, ils ne vérifient que la balance des actifs anti-destruteurs de leur carrière.
Sûrement avec ou sans nostalgie de leurs heures heureuses, ils savent désormais que tout n’est pas préconçu pour leur faciliter la vie publique.  Aussi, les meilleurs d’entre eux jouent subtilement avec la tempête arabe actuelle, ne s’attelant qu’à satisfaire  intelligemment les doléances des crieurs.  Sans populisme, ni radicalisme, mais seulement par le réalisme et l’equilibrisme  dans ce monde devenu anxiogène, voire fou fou fou!
OULAALOU Fath Allah, l’homme qui ponctuait ses sorties médiatiques sachant en faire son mode d’intemporalité spécifique. Ayant tapé pour un temps dans l’œil des décideurs, ne fait-il pas désormais de ceux que la politique a fait décaler de ses pensées objectives et donc finalement de sa valeureuse trajectoire d’antan. 

Mais qui est-il OUALALOU Fath Allah?

Un universitaire caractériel de gauche, de grande renommée. En effet il portait en lui une fougue politique rare, qui le fit connaître au grand public par ses joutes verbales jusqu’à l’overdose. Il est vrai que pendant longtemps dans l’hémicycle par l’entre mise de la télévision, ses coups de colère face au gouvernement Filali et surtout face à Basri, pénétraient jusqu’au fond des salons des marocains.
D’ailleurs à travers ce profil d’opposant au gouvernement, il savait comment retenir leur souffle en relatant la lassitude de l’opposition de l’époque face à la farce politique continuelle du pouvoir, et delà les mobiliser en faisant naître de l’espoir chez eux. Ce qui lui avait valu d’être pour un temps le porte drapeau de toute l’opposition officielle où pas. Finalement Benkirane dans ses grands moments oratoires dans l’opposition n’a fait que le copier sans plus ni moins.
Cette image de faiseur d’avenir prometteur, l’avait propulsé dans les hautes sphères dès la première mouture d’alternance en tant que Ministre du Budget de l’Economie et des Finances longtemps indéboulonnable. Mais, comme ses shows télévisés furent seulement un tremplin, il devenait plus difficile pour les petites gens d’en comprendre les soubassements de sa passion. Cependant le constat est là, il fallait qu’elles eussent plongé bien profondément dans la recherche du mobile pour s’y rendre compte. A dire vrai, ces essais de résistance, n’étaient qu’une posture de jointure pour pouvoir arriver à l’âge d’or de la politique d’intéressement du soi, des siens et des copains. Parce que, se saisir avidement de l’opportunité sans même se soucier d’entreprendre le moindre changement dans le confort des déshérités en ordonnant des mesures historiques, c’est comme s’y laisser aller droit dans le mur de l’histoire. Voilà une leçon de méditation pour Abdelilah Benkirane, ayant poursuivit la même tactique politique mais dans des conditions plus tapageuses et non apaisées.
Driss BENALI, Economiste

Au gouvernement, lentement comme une ombre furtive il se glissait dans les arcanes du pouvoir, laissant derrière lui l’image d’autrefois, celle de chantre des prophéties joyeuses. Mais, c’était sans compter sur de fins analystes économiques et politiques très proches de sa filiale doctrinale d’origine, et à qui, il revenait le changement de regard du peuple de gauche sur lui. Apparemment les garde-fous de ses excellents discours étaient tombés en désuétude ne sachant quoi faire que de s’agripper au plus offrant. Désormais on le considère avec amertume comme l’homme bradeur des bijoux de famille, donnant l’impression de vivre en harmonie des « mawazines » du temps de l’économie moderne où l’humanité et la générosité ne doivent pas l’emporter. Pour un usfpéiste de sa trempe, c’est comme rater le virage de la démocratie sociale longtemps espérée à mettre en pratique par le parti référencé à Benbarka Benjelloun et Bouabid, et dont il se targuait être l’un des héritiers. Et ce n’est pas sa photo de circonstances avec Radi à coté de Martine Aubry venue leur annoncer une éventuelle victoire du socialiste Hollande, qui pourrait illuminer ses nuits de réflexion, comme un solitaire rangé du désespoir d’un quidam cherchant la paix de sa conscience.

En revanche, quand il avait offert un surplus aux sociétés de service de télécommunication par son slalom politique, leur assurant de grandes chances de réussite, il ne savait pas qu’elles allaient réaliser des chiffres d’affaires faramineux. Fatalement, juste après cette grandiose réalisation, il s’est agenouillé le cœur battant de crainte d’entraîner des plaintes et murmures sur cette fragilisation insoupçonnée par le dégraissement de l’économie du pays sans contre partie ni garantie pour les consommateurs. Concrètement, c’est ce que fût fait avec une amère ironie par ses détracteurs acharnés, le montrant du doigt le faisant traverser de tels moments de gènes. Mais, il n’en demeura pas moins grand chez ses privilégiés au prix de l’effort consenti pour les avantager. Pourtant il n’était pas seul, ses compagnons du parti au gouvernement sous Youssefi comme sous Jettou l’entraînaient dans cette approche panachée. Allant vers la défaillance budgétaire future sans issue politique pour lui, et dont son successeur avait essayé de ranimer dans un style qui laisse à désirer. S’octroyant à son tour, avec ses prodigues protégés, le substrat de privilèges honteux d’un travail méconnu chez la majorité des marocains. Vraiment, à part de s’adonner à ce jeu pour prime-phagie, intolérable en démocratie, ils n’ont rien fait de probant vu que c’a couté des sommes colossales à la trésorerie de l’Etat.

Aussi les promesses non tenues le situent aujourd’hui dans une transposition de postériorité lointaine. Bien au-delà de sa vie partisane qui fut réussie, et qu’au demeurant a vacillé, mais tout de même sauvée par l’attribution de l’Oumada de Rabat, mode de scrutin oblige. On se gardera d’oublier que ce n’est pas lui le fondateur de Mawazines, mais son coté imaginatif en tant que maire et/où la constante élaboration de budgets et montages financiers, côtoyait exponentiellement ses aspirations et fantasmes pour ce genre de manifestations socio-politico culturelles, contrastant avec son vrai bilan en matière d’équipement et fonctionnement sur le terrain au sein de la communauté urbaine. Alors, que peut-on dire de la ceinture verte, du désenclavement autoroutier, du tramway et autres réalisations en cours? Ce n’est vraiment pas lui. Finalement il ne lui restait qu’à chercher un hypothétique autre chemin de retour au moment des législatives du 25 Novembre 2011, sauf qu’il n’est pas parvenu à échapper à la vengeance des urnes. Celle qui porte en elle toutes les frustrations du mouvement du 20 Février, des sympathisants de l’USFP et aussi des déçus du parti.

Actuellement après presque une année de la formation du gouvernement Benkirane, on le voit rentrer dans une zone d’incertitude sur son avenir. Parce que ni son sourire ni sa voix charmeuse, ne démentent la dureté des regards et les critiques acerbes lancées contre lui. Une preuve plus convaincante que les choses ont changé depuis pour lui comme aussi sur ses semblables dans d’autres partis. L’ardeur frénétique avec laquelle il faisait vibrer ses interlocuteurs, le fait à son tour trembler, en la percevant venir cette fois-ci de temps en temps comme un boomerang sur lui.

N’est-ce pas qu’en annonçant sa candidature à la chefferie de l’USFP, même étant supporté par Youssefi le jugeant suffisamment propre, il n’est pas encore sorti de l’eau trouble et gluante pour prétendre pouvoir porter le costume du patron ? C’est vrai que ce raisonnement est global pour tous les postulants ayant eu des charges nationales dans le parti, où, en tant que ministres tatoués par le rejet des usfpéistes surtout du M20F à cause de leurs attitudes loin des réalités. En ce sens, ils traînent tous des casseroles de profilage excepté Talbi le trublion de cette messe annoncée à couteaux tirés. D’ailleurs l’un d’eux s’est déjà glissé dans la structure du M20F rampant à genoux et proférant son repentir d’avenir sans hésitation ni amertume pour bien faire dans le futur. Drôle de course à cette chefferie ne portant que des coups embaumés d’hypocrisie longtemps entretenue ! N’est-ce pas comme la rose ayant sous les pétales duveteuses des épines cruelles?

Abdelaziz Ikkrou

Mardi 13/11/2012

Un commentaire

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  1. Comme convenu, je reviens sur ce portrait que vous avez dressé pour Mr. Oualaalou et que certains ont commenté en s’attaquant d’une manière agressive et inappropriée à la personne qui en est l’objet et dans laquelle; si on feint de ne trouver aucun intérêt, on doit tout de même placer du respect.
    Je commencerai ce message en rappelant l’un de vos passages du préambule de ce portrait, passage où vous posez la question ultime de savoir si les Usfpeistes depuis leur décision de prendre la tête du gouvernement d’alternance, n’avaient-ils pas virés au dépend de leurs convictions : « … ne fait-il [Mr. Oualaalou] pas désormais partie de ceux que la politique a fait décaler de ses pensées objectives et donc finalement de sa valeureuse trajectoire d’antan ? »
    Qui n’a pas changé ses habitudes, ses idées et son idéologie-même en face de l’épreuve du temps aussi contraignante et pesante? Gorbatchev lui-même fut acculé à le consentir, à changer et à faire changer avec lui son pays tout entier; ainsi que le reste de la planète. S’il ne l’avait pas fait à temps, la Russie, l’Asie et le monde tout entier auraient été autres. Avant lui, Deng Xioping avait opéré en 1978 un virage de 360° pour permettre aux investisseurs étrangers de s’installer en Chine et d’apprendre aux chinois comment peut-on créer des richesses. N’a-t-il pas réussi ainsi à faire de son pays la 2ème puissance économique mondiale?
    D’habitude on change soit pour des raisons objectives transcendantes et dépassant toute résistance, parce que venant de changements grandiose dans l’environnement et auxquels on s’attend pas, mais s’imposant d’une manière incontournable, soit pour d’autres, d’aspect négatif relevant de la tentation de positionnement dans la rangée des opportunistes profiteurs. Pourrions-nous taxé le revirement de l’USFP de tourner la page de l’opposition et de participer au changement du pays de l’intérieur des institutions, d’opportuniste ?
    A l’heure présente, après que possibilité fut permise à ce pays paisible de changer relativement dans le calme par rapport à nos voisins qui continuent à végéter dans le marécage de l’absolutisme, sinon dans celui de l’anarchie, on serait presque automatiquement acculé à reconnaitre les bienfaits de la décision de l’USFP de changer de cap après tant d’années de luttes, de souffrances et de désespoir pour ses militants et pour le peuple marocain. D’aucuns s’accorderaient pour dire que c’est justement cette décision bénéficiant assurément au régime en place en redorant son image et en permettant une succession dans le calme, qui a fait tant de mal à ce grand parti historique et tant de difficultés à ses militants pour garder relativement un minimum de cohésion.
    D’ailleurs, ils n’étaient pas les seuls, ils côtoyaient les Pépésistes, l’autre version du socialisme, dans cette marche aveugle que l’amour du pays leur avait imposée à un moment où celui-ci risquait « l’arrêt cardiaque ». C’est que s’ils voulaient aider à faire éviter à leur pays l’écroulement inéluctable, ils devaient nécessairement céder sur nombre de leurs idées et théories. S’ils ne l’avaient pas fait, on les aurait taxés de schizophrènes, puisque portés sur des détails et négligeant l’essentiel ! (le pays passait par une période très délicate : poids de la dette qui avait atteint les 28 milliards de dollars, situation sociale désastreuse risquant de faire exploser le pays, succession en préparation, menace de voir l’armée algérienne profiter de la situation pour envahir le Sahara marocain, comme venait de faire celle de l’Australie au Timor Oriental).
    C’est à partir de ce moment que commence le drame : les responsables du parti savaient très bien qu’une fois au gouvernement, ils n’allaient pas être autorisés à décréter le socialisme, encore moins de prôner une autre politique que celle du libéralisme devenue à la mode même au sein de l’ancien bloc soviétique et en Chine communiste elle-même « dans ce monde devenu anxiogène, voire fou fou fou! » , comme vous le dites. Si Oualaalou comme les autres ministres, savait que le canevas sur lequel s’articuleraient dorénavant ses décisions, était déjà fait à l’avance et avait commencé à être exécuté dès avant son arrivée (programme de privatisation dressé par l’entourage du Roi à l’époque et exécuté déjà à 50 % par Saidi). Le bradage des établissements publics s’est fait à 50% avant qu’il n’atterrisse au poste, et le Chef de l’Etat à l’époque ne cessait de discourir sur « le pactole » de la vente de Maroc Télécom » comme s’il s’agissait d’une somme faramineuse qui allait dissiper la grandiose dette de l’époque. N’était-il pas au courant du bradage programmé de ce fleuron de l’économie du pays et n’avait-il pas lui-même laissé faire ! Pourquoi Oualaalou serait-il « l’homme bradeur des bijoux de famille » dans ces conditions ?
    Sachant que « tout n’est pas préconçu pour leur faciliter la vie publique», les Usfpeistes avaient résisté à la tentation de rompre l’accord d’alternance après les déboires avec le zélé Basri à l’Intérieur, qui avait interdit à ses walis et gouverneurs de se porter présents à une réunion convoquée par le Premier Ministre Youssfi lui-même! (sachant que la constitution donnait possibilité au Premier Ministre de les réunir puisqu’il était leur chef hiérarchique). Les responsables usfpeistes savaient qu’ils ne tenaient à vrais dire qu’à une seule corne du taureau, l’autre leur échappait et était dans l’ombre tenue par une main presque invisible, mais irrésistible. Que faire alors? Claquer la porte ou continuer l’épreuve ? Le temps ne s’était pas grandement écoulé, et ils espéraient sournoisement qu’un minimum de ce qu’ils envisageaient soit réalisé, ne serait-ce que faire perdurer le calme précaire régnant dans le pays depuis leurs avènement. Ce qui fut obtenu, dans une phase historique très sensible, celle de la succession qui s’est accomplit dans une ambiance appropriée.
    Revenons au temps où l’USFP était à l’opposition, vous dites qu’ «à travers ce profil d’opposant au gouvernement, il savait comment retenir leur souffle en relatant la lassitude de l’opposition de l’époque face à la farce politique continuelle du pouvoir, et delà les mobiliser en faisant naître de l’espoir chez eux ». N’y a-t-il pas là les qualités d’un leader qui pourraient le propulser à un poste beaucoup plus important? Ou Mr Oualaalou « jouait à la comédie perfide» pour que « ses shows télévisés furent seulement un tremplin», et pour qu’ « il devenait plus difficile pour les petites gens d’en comprendre les soubassements de sa passion » comme vous le dites? Là, vraiment il y en a de trop ! Ce n’est tout de même pas du n’importe qui dont il s’agit ! Voyons quand-même à propos de qui sont lancées ces monstruosités! Qui pourra reffuter un fait connu de tous les marocains, celui d’un militant n’ayant jamais éprouvé la moindre appétit pour les postes de ce genre. Si c’était le cas, il n’aurait pas besoin de jouer le « charlatant » (comme vous essayez de le dire) pour y accéder, et il n’aurait sûrement pas attendu presque 45 ans d’opposition pour le postuler ! Ce temps passé dans le militantisme, on ne le compte pas par des « essais de résistance » que vous lui prêtez et qui « n’étaient [d’après vous] qu’une posture de jointure pour pouvoir arriver à l’âge d’or de la politique d’intéressement du soi, des siens et des copains », mais plutôt par des souffrances vécues au quotidien par un nationaliste intègre qui aimait fort bien son pays et qui le voyait sombrer chaque jour encore dans l’abime à laquelle nos gouvernants d’alors l’avaient précipité.
    A présent que l’expérience des deux gouvernements d’alternance est devenu un fait historique, je ne dirais pas qu’elle n’était pas ternie par nombre de fautes trop payantes (j’en conviens), mais j’insiste sur les résultats positifs auxquels elle avait donné lieu, ne serait-ce que par rapport à l’avenir du pays (dette réduite à 12 milliards de $, paix sociale relative, succession accomplie dans le calme, Algérie retenue sur ses frontières…)
    Je me contenterais de ce bref billet où je devais étaler mon point de vue dont vous-mêmes vous en avez demandée la teneur. Sachant que vous êtes Un FIN POLITIQUE, j’espère que vous en accepteriez les termes. Bien à vous cher ami !

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