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Algérie : les excuses attendues du Président français par les peuples algériens, n’ont pas eu lieu

François Hollande et Boutaflika ce matin à Alger
François Hollande et Boutaflika ce matin à Alger
François Hollande et Boutaflika ce matin à Alger

Par Sami SHERIF

Ce jeudi 20 décembre, François Hollande vient de prononcer son discours devant le Parlement algérien réuni à l’occasion au grand complet. Si l’assistance ; hormis le Président Boteflika et ses Ministres, s’attendait  que le Président français allait prononcer; ne serait-ce que d’une manière voilée des excuses pour les crimes commis pendant les 132 années de colonisation forcée en Algérie, elle n’a eu droit qu’à une reconnaissance des « souffrances que la France a infligé au peuple algérien » durant la colonisation, mettant en avant le fait que « rien ne se construit dans la dissimulation, dans l’oubli, dans le déni ». Il a par contre insisté sur  « la richesse des relations franco-algériennes » que ce soit au niveau économiques, intellectuelles ou linguistiques.

Ayant dédié cette visite en Algérie à sa jeunesse, le Président français a exprimé son souhait de renforcer ces relations pour le bien de cette frange de la population de ce riche pays. «Cette amitié doit s’appuyer sur un socle, à savoir la vérité», a-t-il prononcé avant de dire que «pendant 132 ans, l’Algérie a été soumise à un système profondément injuste et brutal : la colonisation. Et je reconnais ici les souffrances que la France a infligé au peuple algérien» a-t-il déclaré  sans pour autant prononcé de forme d’excuses officielles quant à cette colonisation qui s’était accomplie dans les larmes et le sang.

Le million et demi d’algériens torturés, fusillés et massacrés par le napalm n’ont pas convaincu encore la France pour présenter officiellement des excuses à ce pays meurtri. Les algériens que les mines françaises des champs près des frontières tunisiennes mutilent et tuent encore par milliers , s’attendaient à ce que le Président français leur reconnaisse au moins un droit au  dédommagement, mais en vain (2millions de mines restent encore à désamorcer sur ces frontières, encore que la France a tergiversé pour céder les plans des champs de mines, puisqu’elle ne les a confiés aux autorités algériennes qu’en 2007 !). Il a même essayé de semer le doute quant à ces évènements sanglant en parlant d’une certaine « vérité sur les circonstances dans lesquelles l’Algérie s’est délivrée de ce système colonial », «la vérité sur la justice, les massacres, la torture». «Il est nécessaire que les historiens aient accès aux archives et que progressivement, cette vérité soit connue de tous» parce que, a indiqué le Président, «la paix des mémoires repose sur la connaissance et la divulgation de l’Histoire.» Cette insinuation aux victimes français de la guerre d’Algérie et aux évènement sanglants entre le FLN et certaines  partis, ainsi qu’aux sévices dont avaient souffert les Harkis, n’étaient pas innocentes, car l’objectif a été de mêler les cartes pour faire oublier aux peuples algériens leurs revendications quant au devoir d’éxcuse et d’indemnisation de la part de leur ancien colonisateur.

Il a essayé de dépasser l’attente de la responsabilisation morale de la France  pour  ses crimes en Algérie , et ce, en louant le pays, et en insistant sur le fait que l’«histoire de la France c’est aussi Alger, qui fût la capitale où s’est réfugié l’honneur de la France libre avec le général de Gaulle». Pour lui, il est nécessaire de «transcender les séquelles du passé» afin «d’aller vers un avenir où puisse régner confiance et respect mutuel».

Sami Shérif

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