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Maroc : El Yazghi, portrait de l’un des grands ténors de la politique

Par Abdeaziz IKKROU

EL YAZGHI Mohamed, l’homme politique rusé ayant une conscience de reconnaissance seulement à ceux donnant une assez bonne représentation de l’enfer vécu durant les années de plomb.        

A  cet effet, il porte toujours en lui l’éclair de fureur envers ceux qu’il appelle les protégés maudits. Oubliant ses semblables avantagés ayant fait du parti une sorte de grotte au trésor dont il ne pouvait pas n’avoir rien entendu du vacarme les concernant.

Cependant à l’écurie de l’USFP, il n’a jamais cessé de préparer ses poulains, pour d’éventuels ordres à l’arraisonner vers le cap de son désir d’avenir. Mais l’ancien cannettan revenant du cannet, plus malin, avait tout pensé pour l’en empêcher.

 Reste alors l’affrontement du prochain congrès pour les départager parce qu’apparemment ils ne se mettront jamais d’accord entre eux pour le choix du candidat. Finalement, chacun d’eux prépare à frapper un grand coup, espérant laisser l’autre pétrifié devant l’incertitude du destin.

Attention, l’angoisse serrant actuellement les gorges des usfpeistes , notamment   ceux du M20 Février, peut provoquer la surprise pour eux d’eux. Si et seulement si, El Malki, le solitaire solidaire, joue finalement sa propre partition dans ce concert inédit en entendant correctement  les intentions qui lui sont distillées de sorte qu’en arrivant à lever cette incertitude pour pouvoir se qualifier au deuxième tour, il pourrait rafler la mise par défaut de concurrence objective et qu’en suite veiller en personne à ce que le nouveau départ de lUSFP, ne subisse plus les mêmes déconvenues, du fait  des corrompus toujours insensibles au moindre changement.  

Mais qui est-il au juste EL YAZGHI  Mohamed dans la chaîne tempestive politicienne marocaine ?

 

Homme politique lettré au référentiel socialiste, et à la connaissance cognitive du champ politique marocain du fait de sa longue expérience de surcroît mouvementée. Et que sous l’examen de ses yeux, il y a eu entre instants accablants de ses silences surtout lors des nombreux procès des années de plomb, beaucoup de mobilisation de conscience. D’ailleurs à peu de chose près, simplement pour évocation, il ne peut être que de l’avis du CNDH à propos du rapport sur l’état des prisons au Maroc. Et ce n’est pas par hasard qu’on l’appelle Si Mohamed au parti, parce que c’est un tacticien rodé à la chose politique. Mais parfois hardi, voire d’état d’âme incontrôlé ne se gênant pas de dire les choses quand ça l’arrange seulement, tellement qu’il avait même failli en faire les frais dans l’affaire Laila.

 Longtemps au Start Up n’ayant jamais cessé d’en paraître le chef légitime héritier d’Abderrahim Bouabid, avec l’ambition affichée de main mise sur l’appareil du parti. Mais pour beaucoup de ténors non suiveurs et autres observateurs avertis de l’USFP, c’était sans compter sur les apparatchiks sbires de Youssefi, qui voyaient en lui un habitué dévié de la récolte des gens du passé. Malgré qu’il ait eu sa quote-part de chef de parti par intérim en liberté provisoire, d’où il faisait quelques pas en direction du makhzen par pragmatisme. Ainsi, il semblait marcher au rythme imposé en courbant légèrement son buste ne s’expliquant pas cette posture, vu qu’avant il se savait épier par Basri. Tellement qu’à l’une de ses rencontres avec les usfpéistes d’Azrou, il s’était fait interdire son rassemblement même étant ministre sous Youssefi. Benkirane ne doit aucunement s’en offusquer de sa mésaventure à Tanger, car de tout temps le ministère de l’intérieur veille au grain interdisant les rassemblements politiques non préalablement autorisés.

 Dans sa fonction intérimaire qui ne dura guère longtemps, la gué guerre était trop inégale au point que ses supporters furent retranchés dans les rigoles du chantier USFP. D’ailleurs, ils en portent les traces visibles de leurs peines après son limogeage par le bureau politique se hâtant d’en finir. Tellement qu’aujourd’hui à son intention qui n’est plus  secrète s’ajoute sa prétention de reprendre la main en supportant la candidature de Zaidi pour le secrétariat général du parti, après avoir gentiment écarté Mohamed Redha Chami son poulain d’autre fois. Pour lui il est normal d’essayer d’installer au plus haut de la battisse USFP l’un de ses préférés, afin qu’il soit plus prêt du foyer décisionnel de l’Etat et donc rendre pénible les ascensions des autres postulants. Quant aux remerciements de ce dernier pour lui, il ne s’en croit pas obligé de les prendre comme argent comptant, car il en aurait fait autant pour n’importe qui pouvant faire barrière aux non affiliés à sa projection d’avenir. El Malki, Achaari et à moindre raison Lachguer sont maintenant avertis de cet invraisemblable amoncellement de jalons pour balisage des parchemins encombrés menant à la chefferie. N’est-ce pas que les tractations au prochain congrès s’annoncent à feu rompant sur les extrémités du parti ? Parce que c’est là où risqueraient de s’ouvrir les âmes des congressistes, par la vengeance des uns par rapport aux autres notamment s’il y a un deuxième tour.

Justement après l’alternance sous Youssefi, il fut sévèrement critiqué, et s’était terré dans l’impuissance par suite à sa schize de la base. Puis se relevant extraordinairement de ce tumulte cruel pour lui, en  étant partagé  entre fidélité  à l’esprit de  son formatage  ultérieur pré pensé pour rester dans la mêlée, et retrait préconisé par les frondeurs du mal sacré koutléen. Dont il s’était étrangement accommodé en s’accomplissant officiellement par un lestage  incompréhensible, en l’occurrence un maroquin de ministre d’Etat dans le gouvernement sortant. Était-ce fait par nécessité tout simplement d’anticipation d’aménagement territorial du futur de sa lignée où désir d’accompagnement en double aveugle de l’action gouvernementale qui fut soporifique jusqu’au bout. Par ailleurs, hormis qu’il ait marmotté qu’il n’en croyait pas ses yeux en franchissant le rideau des critiques et s’en tirer sans trop de dégâts  l’effrayant effort de surcroît accéléré qu’il s’était imposé pour se rattraper se devinait à son appel de rénovation consensuelle de la  constitution après le discours royal du 9 Mars 2011 en réponse rapide et solennelle au printemps arabe par l’intermède du ton revendicatif bruyant du mouvement 20 Février.

Bienséant, quand ses réflexions spontanément s’étaient coïncidées sur la première mouture discrètement sous-entendue de la constitution de la commission Mennouni, il avait vu son faciès rosir de satisfaction et ses yeux se larmoyer de joie. Sauf que le PJD avait tiré rapidement la sonnette d’alarme par un serrement de ses rangs réclamant à la commission plus d’attention au référentiel de l’Etat musulman, ce qu’immédiatement fut fait. Mais voilà qu’une prétention naquit chez les opportunistes à tout vent, et habilement relayée par leurs relais improvisés, qu’un diable avait infiltré la conscience de ces tenants et aboutissants du projet de constitution  voulant prétendument laïciser l’Etat. Quel hypocrisie, à voir comment leurs pensées se sont entremêlées avec l’expression de dédain du PJD sentant la colère s’emparer de lui. En vérité ils ont manqué de courage de rester sur leur position d’avant, demeurant paisiblement à la fenêtre à regarder ces pjdistes prendre le dessus pour le plus grand soin de leur lampe au reflet brûlant  suivant au pas les chemins du M20F. Attendant le moment propice pour s’emparer du butin, on ne vendant emphatiquement que des images pieuses à la Nahdha tunisienne, se référant aussi à l’opportunisme des frères égyptiens.

Mais pour les observateurs avertis, connaissant quelques réalités des choses  par confidence soutirée ici et là auprès de ces commissionnaires, c’est évidemment de l’exploitation politicienne du timing du temps marocain dans l’embrouillamini révolutionnaire arabe dont il s’agissait. Et qu’au bout du compte le revirement d’alors n’était que la conséquence d’une historiette seulement, dont le déroulement était dans les têtes de ces crieurs en vogue. Pour preuve ce soi-disant diable s’était-il volatilisé laissant les marocains entre les paragraphes des bons articles de la constitution? Qu’ils avaient eux mêmes plébiscités par référendum à plus de 98%, de surcroît mémorable à tous les niveaux. N’est-ce pas que le discours royal au trente septième anniversaire de la Massira, en a montré le référentiel démocratique porté, sachant le désir des marocains à s’en acquitter fièrement en s’initiant à une dynamique palliative à l’action du gouvernement. Marquant surtout le sérieux de la proposition de la régionalisation avancée finement balisée par les articles de la constitution, que désormais seul le CCESE de Benmoussa est responsable d’en établir objectivement les fondements, loin des rafistolages partisans où autres calculs politiciens. D’ailleurs soyons courageux ! Dans l’immédiat on ne peut trouver mieux pour aborder rigoureusement ce chantier, parce qu’une bonne proportion des parlementaires actuellement, n’est pas en mesure à prendre à bras le corps ce dossier sensiblement technique. D’abord par incompétence pour certains, puis par souci de bien faire vu les dégâts causés dans leurs cerveaux pour les autres de par les joutes et vociférations échangées entre eux.

N’est-ce pas là la singularité du Maroc, et la particularité de sa population de toujours aller à l’essentiel en dehors de tout markéting neuro-conscient par des essais amalgamés ? Comme lors des questions orales au parlement ne servant qu’à montrer les tentatives de faire coucher les ministres sur les bancs de l’hémicycle, de la fameuse glissade du ministre des affaires islamiques et habous le jour du vote référendaire. En plus  des critiques d’El Yazghi semblant revenir à lui, primo sur le retrait de Benkirane aux obsèques de Ben Bella et secundo sur la déconfiance à Christopher Ross sans concertations internes avec les partis, et qui n’étaient qu’un coup porté à l’amateurisme du chef du gouvernement et du ministre de tutelle aux affaires étrangères El Othmani. Mais la question qui taraude à plus d’un titre les nonnistes déclarés, comment se fait-il qu’il n’y a que lui qui apparemment s’en était chargé explicitement de cette besogne dans tout le panel politique marocain ? En ce sens, lorsqu’il s’agit de marquer l’histoire, les marocains  n’hésitent pas de le faire par la conviction, contrairement à ce qu’en pensent les sous mariniers mercenaires producteurs d’idées bizarroïdes tournant continuellement dans leurs têtes  En effet par exemple, pour ce qui est du choix du oui référendaire, il fut fait loin des courroies de transmission des agents d’autorités via les cheikhs et moqadems, et encore moins de ceux se prétendant gardiens du temple en l’occurrence les pjdistes qui en ont tout de même récolté la moisson. Vraiment l’histoire le dira, ce ne sont non plus ni les Afarits ni les Salahifs, qui les en ont convaincus d’opter pour le oui référendaire et les pousser à vivre ce destin paisible de la régionalisation avancée qualifiée brillante par la communauté internationale.

A ce titre, quelle raison aurait-il invoqué de ne pas prendre en compte ce déroulement des évènements purement politiques, sans se faire passer pour le passionné du confort d’installation  ministérielle? De  ce  fait, même maintenant, à  son  sentiment  d’impuissance  il  oppose un calme déroutant, dès lors que son habileté de toujours agir d’une façon concise est mise à rude épreuve. Murmurant que c’est juste un essai de jauge politicienne au temps politique en cour en ces circonstances préélectorales du nouveau secrétaire général de l’USFP. Forcément le désintérêt qu’il avait porté aux cris de non renouvellement du bail gouvernemental auprès du PJD, par les militants après la débâcle du parti aux dernières législatives, ne semble pas aller dans le sens d’un remerciement gratifiant pour sa soi-disant aide désintéressée à sortir de l’enfer des positionnements contradictoires. Vu que, ça l’avait fait blêmir repensant aux années de dèche de fonctionnalité étatique qu’il avait vécue des années durant dans l’opposition, et dont il porte encore les séquelles surtout du colis piégé que par ailleurs personne ne lui conteste.

Sauf qu’aujourd’hui c’est d’un autre Maroc dont il s’agit, celui de la jeunesse de l’espoir et du défi par le réalisme économique numérisé, et non celui de l’échec n’évoquant que la dormance de ces chefs politiques longtemps en place. Ayant tous failli à instaurer la démocratie dans les rangs des partis, sans même dire une quelconque oraison pour le repos de leurs consciences. En ce sens, ils avaient même cru trouvé Eden éternel, alors qu’au contraire tous les voyants de l’économie sociale du pays clignotaient. Au point que, si on se réfère au bulletin du commissariat au plan du troisième trimestre 2012, on peut en déceler sans doute l’écho du flop de la majorité sortante que l’histoire jugera pour le grand bien de la réhabilitation de la politique. Mais aussi l’écran du smog social et économique présageant, si rien n’est rattrapé des lendemains désenchantés pour l’équipe Benkirane. Aussi, il est impératif de sortir définitivement de la routine des interventions qui n’ont plus la même cotation symbolique qu’autrefois notamment auprès des militants, parce que, n’usant que de délires d’auto-réalisation des prévisions.

A dire vrai, est-ce que le PJD en a vraiment conscience des méfaits de cette malversation d’autosatisfaction qu’il pratique sans gène, comme ses coalisés par l’intériorisation du non dit de leur repentir ? En effet, de par l’ordre politique nouveau dont apparemment le PI depuis l’arrivée de Chabat et sa prise du gouvernail du parti, s’essaye déjà à tourner les talons par un accordéonnisme de langage à la limite de la contradiction. Avançant et reculant à la fois, se voyant menacer du fouet des suffrages futurs si rien n’est corrigé, vu le constat cuisant d’une corruption encore grondante, d’une rente évidente trop voyante  toujours soutenue, d’une croissance en décélération et du climat social délétère voir détonnant. A cet effet, que pense El Yazghi de l’appel au secours de Benkirane auprès des députés et conseillers de sa coalition, les ayant rassemblés voulant en faire une « sunna » trimestrielle ? Parce que les bruits qui se font entendre se mêlant parfois aux rires des istiqlaliens le voyant se tourner vers le palais cherchant plus d’appui, ne le rassurent pas outre mesure.

C’est vrai que le fait est là, mais Benkirane aurait aimé ne pas subir la brutalité des usfpéistes affranchis se donnant libres cours à se distancer politiquement de leurs manitous comme El Yazghi Erradi, et aussi de leurs anciens cohabitants de Koutla. Et ce, pour éviter d’éventuel rapprochement seulement vers ces ténors de l’USFP toujours envieux de l’exercice du pouvoir. Lesquels croyant n’avoir aucune trace sur leurs visages, du tatouage de la colère de ces jeunots du bas comme ils aimaient les surnommer auparavant. A cet effet, que pensent-ils tous, des sorties médiatiques notamment de Mohamed Boubekri, Abdelhamid Jmahri et d’autres pour ne pas tous les citer, en plus de la guéguerre des positionnements au sein des réseaux sociaux, les contrariant sèchement dans leur désir d’avenir narcissique à vouloir se maintenir ? Ne voient-ils pas que toutes sont porteuses du message en filigrane du positionnement de l’USFP dans la logique de l’alternance seulement par les urnes, éloignant d’eux, même leurs sbires en cette veille du congrès du parti ? Une grande leçon de démocratie qui s’installe, parce que l’exiguïté nostalgique du creuset koutléen qu’au début était idéologique ne les a aucunement servi. Vu qu’il ne leur a pas permis de se sentir libre de sortir tête haute, alors que des avalanches de critiques pleuvaient sans arrêt depuis longtemps sur la Koutla toute entière.

Abdelaziz Ikkrou

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